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Chicha 2.0 : Même poison mais avec un goût sucré

  • 8 août 18:10
  • 6 min de lecture
Chicha 2.0 : Même poison mais avec un goût sucré

La Presse — Dans ce groupe, tout le monde fumait.  Filles et garçons, sans gêne, les uns vapotaient, les autres grillaient des cigarettes. Le reste aspirait ce qui était rejeté par les deux.

Et voilà qu’un homme d’âge mûr se présenta et s’adressa à ceux qui vapotaient : «Je vous conseille de revenir directement à la cigarette et de laisser tomber ce vapotage qui est encore plus dangereux».

C’était clair.  Si clair que tous ceux qui tenaient quelque chose dans la main se crispèrent. L’homme était un médecin.  Il s’est déclaré membre de groupes volontairement constitués pour s’adresser directement à ces jeunes pour les convaincre de cesser de fumer, de vapoter ou de…. «puffer». Il a sans doute repéré ces jeunes et à tenu à leur expliquer que cette option prise de mettre un terme au tabagisme en choisissant le vapotage est, en fin de compte, un mauvais choix.

Bien entendu, les recherches se multiplient à  ce propos et ceux qui voudraient être fixés ne sont pas au bout de leur peine. Les laboratoires qui conçoivent ces poisons et les lancent sur le marché, savent comment s’y prendre. Des «influenceurs» et «influenceuses» de métier se chargent de subjuguer, convaincre et attirer de nouveaux curieux et curieuses qui se laisseront prendre au piège.

Nos jeunes sont de plus en plus  la proie de ces deux fléaux. Ils ne savent pas ou ne veulent pas croire ce qui les attend. Leur nombre augmente sans limites.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer du poumon, célébrée le 1er août de chaque année, Dr Chermiti a déclaré à l’agence TAP que «le cancer du poumon est l’un des cancers les plus fréquents chez les hommes, alors que le cancer du sein arrive en tête des cancers chez les femmes».

Elle a ajouté : «Ce qui nous inquiète, c’est l’augmentation du nombre de nouveaux cas, compte tenu de la disponibilité limitée des programmes de dépistage précoce et du manque de sensibilisation des citoyens, en particulier ceux présentant des facteurs de risque évidents comme le tabagisme».

Effectivement, il y a assurément beaucoup d’efforts déployés, mais ce n’est point suffisant pour faire face au forcing de ceux qui usent de gros moyens pour attirer et en fin de compte piéger les filles et garçons, qui veulent «être à la page». Cela suppose qu’un immense travail de sensibilisation devrait être entamé le plus vite possible. C’est clair, il y a un choix à faire : dépenser de l’argent pour convaincre les futurs fumeurs ou vapoteurs ou le dépenser pour les soins de ces calamités.

Au niveau des problèmes que soulève le vapotage, la piste est encore plus difficile à emprunter, étant donné que les personnes qui s’y adonnent, sont ou ont été convaincues (par qui ?) que vapoter est beaucoup plus «sain» que fumer directement une cigarette. Les émissions ne manquent pas. Les spots sponsorisés font le forcing.

«Les cigarettes électroniques sont moins nocives que les cigarettes à base de tabac, à condition de ne pas utiliser les deux (double usage), ne cesse-t-on de répéter pour apprivoiser et écourter le chemin qui conduit directement à l’addiction. Même consommées seules, les cigarettes électroniques peuvent avoir des effets néfastes» a expliqué ce médecin qui a réussi à entraîner le groupe  un peu plus loin.

Les types les plus courants d’effets secondaires déclarés par les personnes qui vapotent commencent par des maux de tête, des irritations de la gorge et de la bouche, des nausées et de la toux.

Nouveautés et risques

Le plus dangereux, nous précise ce volontaire, c’est que «l’on a mis sur le marché  des produits parallèles qu’il est difficile de contrôler. Ce sont des risques supplémentaires, aussi bien pour la sécurité que bien entendu pour la santé.

Une  maladie pulmonaire due  à la cigarette électronique ou au vapotage est apparue au Canada par exemple. Elle a causé des milliers d’hospitalisations et de nombreux  décès aux États-Unis.

Les fabricants suivent l’ère du temps. Ils innovent et mettent sur le marché des  cigarettes électroniques sans nicotine. Mais elles  ne sont pas sans risques pour la santé. Elles ne contiennent pas de substances qui déclenchent l’addiction, mais elles demeurent  dangereuses. L’inhalation des vapeurs  produites irritent les voies respiratoires».

La puff

Inspirée peut être de notre traditionnelle et catastrophique «chicha», les fabricants ont dernièrement mis sur le marché, la «puff», une cigarette électronique jetable qui s’est   rapidement imposée aux jeunes. Des jeunes, friands de nouveautés d’abord, mais aussi conquis par les goûts et les arômes   fruités et sucrés de ces «engins» de mort lente.

Bien entendu, les risques sont énormes, car ces puffs favorisent le développement de maladies respiratoires et cardiovasculaires et de cancers.

«On ne connaît pas encore les chiffres. Il faut des études et de longues expérimentations, mais ce qui est certain, c’est que  tous les experts qui traitent depuis de longues années ces maladies,   déconseillent fortement l’utilisation de ce puff.

Dans tout ce magma, «les femmes sont doublement menacées si elles fument toutes ces saletés». Elles ont le problème du cancer du sein qu’elles doivent surveiller en recourant à un dépistage précoce pour pouvoir s’en tirer et, bien entendu, elles ont intérêt à éviter de fumer n’importe quel genre de cigarettes traditionnelles  ou électroniques».

Le concert était terminé depuis un bon bout de temps. Le groupe escorte vers la sortie ce médecin providentiel, qui a honoré le serment d’Hippocrate en osant aborder ce problème aussi délicat. Mais il a réussi. Au moins en partie. Deux des jeunes en quittant l’enceinte jetèrent leurs «engins» à vapeur dans la poubelle!

Auteur

La Presse

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