gradient blue
gradient blue
A la une Actualités

Huile d’olive : La reconquête de nouveaux marchés en point de mire

  • 30 novembre 17:45
  • 4 min de lecture
Huile d’olive : La reconquête de nouveaux marchés en point de mire

L’huile d’olive tunisienne a besoin, comme le recommande souvent le Président de la République, de nouveaux partenariats stratégiques capables de mieux la positionner sur les marchés à fort potentiel, entre autres l’Asie et l’Amérique Latine. Toutefois, pour relever ces défis, il est nécessaire que notre produit phare gagne en visibilité.

La Presse — Encore une fois, notre secteur oléicole se distingue par une récolte exceptionnelle. On parle, ainsi, de 500.000 tonnes pour 2020-2026, contre 340 000 une année auparavant. 

Un niveau qui place la Tunisie au 2e plus grand producteur mondial après l’Espagne. Une telle production pose, toutefois, des défis majeurs, notamment en termes de stockage, de conditionnement et d’écoulement, surtout à l’étranger. On reconnaît, en effet, que ces exigences pénalisent, depuis quelques années, notre produit phare et l’empêchent de maximiser les profits.

La mise en valeur de l’huile d’olive tunisienne demeure, justement, le principal enjeu de nos décideurs, en raison d’un niveau de conditionnement actuel encore trop timide par rapport au potentiel disponible et loin de répondre aux besoins du marché international, portés, essentiellement, sur le conditionné. Et cela se traduit, au concret, par un manque à gagner trop important.

N’oublions pas que plus de 87% de nos exportations ont été effectuées en vrac. Un mode totalement dépassé, et qui est en train de dévaloriser notre produit qui se vend à des prix très bas par rapport à la concurrence. La chute importante de 31% des recettes conforte le constat.

Ce qui est désolant, c’est qu’on n’a pas encore d’alternatives, faute de stratégie et de planification. Et même notre capacité de transformation n’est pas en mesure d’aider nos décideurs à mieux programmer les exportations, car elle est encore faible. C’est pour cette raison d’ailleurs que notre pays a décidé de mettre en réserve environ 150 000 tonnes, en raison de la baisse sensible des prix sur le marché international.

Mieux cibler les marchés lointains

Heureusement que depuis quelque temps, l’on commence à assister à un changement au niveau de la gestion de cette filière stratégique. Du moins on l’espère. En effet, en attendant la mise en œuvre effective de la stratégie de valorisation dont on parle, il faut apprécier certaines dispositions récentes qui sont en mesure, une fois bien gérées, de valoriser le secteur oléicole et de mieux l’imposer à l’international.

On pense surtout au lancement du Conseil national oléicole qui devrait, comme cela a été affirmé, coordonner toutes les actions de développement de la filière, élargir  la production et améliorer la qualité du stockage et soutenir la transformation.

 Il faut se féliciter également de la nouvelle dynamique au niveau de notre diplomatie économique qui, consciente cette année de l’ampleur des enjeux, semble plus impliquée et plus déterminée à soutenir nos exportateurs.

Et cela explique une présence soutenue dans les différentes foires internationales ou encore  l’organisation de multiples actions de sensibilisation et de mise en valeur de notre offre nationale, son origine, et le savoir-faire au niveau de son traitement.

C’est le cas de notre ambassade en Belgique qui, à l’occasion du mois culturel tunisien, a organisé, tout récemment, une manifestation de valorisation et de dégustation de notre produit stratégique, tout en mettant en valeur son historique et ses mérites.

De son côté, et par souci de consolider notre diplomatie économique sur le marché asiatique, une délégation du Centre de promotion des exportations (Cepex) s’est rendue, dernièrement, à Wuhan, de la province chinoise Hubei, pour mettre en valeur l’huile d’olive nationale (voir La Presse du 17 octobre).

On apprend également que nos décideurs misent, en parallèle, sur le marché de l’Amérique Latine, un grand consommateur de ce produit, et qui est en mesure de garantir surtout des avantages fiscaux préférentiels. On pense, ainsi, au Brésil qui a supprimé, depuis le 14 mars 2025, les taxes douanières sur l’huile d’olive extravierge tunisienne (de 9 à 0%). Une belle opportunité à capitaliser.

Auteur

Anis SOUADI