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Importation d’une voiture par famille : Un scénario irréalisable, selon Ridha Chkandali

  • 30 novembre 15:31
  • 2 min de lecture
Importation d’une voiture par famille : Un scénario irréalisable, selon Ridha Chkandali

L’économiste Ridha Chkandali a estimé, dimanche 30 novembre 2025, que la mesure “une voiture par famille” prévue par l’article 55 du projet de loi de finances 2026 restera largement inapplicable en raison des conditions techniques, financières et administratives qui l’entourent. Adopté récemment, cet article prévoit un avantage fiscal pour l’importation ou l’acquisition d’un véhicule au profit des familles résidentes.

Selon Chkandali, l’accès à ce dispositif est limité par de nombreux critères : le véhicule doit être âgé de moins de huit ans, ne pas dépasser une cylindrée de 1 700 cm³ (diesel) ou 1 400 cm³ (essence), et ne peut être cédé avant cinq ans. Les familles bénéficiaires doivent, de plus, n’avoir jamais détenu de voiture populaire, ne pas posséder un véhicule récent et disposer de revenus n’excédant pas dix fois le SMIG pour un parent ou quatorze fois pour un couple.

L’avantage n’est accordé qu’une seule fois par famille et ne peut être activé qu’à travers trois mécanismes : un don d’un Tunisien résidant à l’étranger, l’utilisation de la dotation touristique ou une autorisation de la Banque centrale pour l’achat de devises. Le dispositif entrera en vigueur en juillet 2026, mais l’accès effectif n’interviendra qu’après un délai minimal de deux ans suivant l’accord, soit près de trois ans d’attente.

L’économiste souligne aussi que le nombre de bénéficiaires restera très limité en raison d’un plafond fixé à 10 % du total annuel des importations de véhicules. Il rappelle, en outre, une erreur typographique dans le texte qui pourrait prêter à confusion sur ce quota.

Ridha Chkandali estime enfin que cette mesure, présentée comme un avantage ambitieux, ne devrait avoir aucun impact sur les équilibres financiers du pays ni sur la balance commerciale, faute d’un nombre significatif de ménages capables de remplir les conditions. Il conclut que l’initiative risque de demeurer un “mirage” pour la majorité des familles tunisiennes.

Auteur

La Presse