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Sport

Délabrement inquiétant

  • 12 décembre 19:30
  • 4 min de lecture
Délabrement inquiétant

Financièrement à bout, devant faire face à un public exigeant, indiscipliné et n’ayant encore rien compris à la situation, la responsabilité devient de plus en plus lourde.

La Presse — Les uns rendent leur tablier, les autres promettent mais finissent par revenir sur leurs promesses, les autres encore se murent dans un silence inquiétant. Les présidents de clubs ne sont plus sûrs de rien.

Les dettes s’amoncellent et rien ne s’arrange. La responsabilité devient de plus en plus lourde, dans un football dont l’horizon tarde à s’éclaircir. 

On a peut-être sous-estimé le poids de cette responsabilité, car les événements se précipitent et les solutions ne germent dans aucun des esprits qui gèrent.

Seuls ceux qui sont «dehors» en trouvent, dans des paroles en l’air qui accentuent le délabrement, relancent les luttes intestines et n’aident en rien pour reprendre en main la situation.

Heureusement que les débats et les initiatives à prendre pour préparer l’équipe nationale à l’orée de la phase finale africaine sont totalement indépendants de ce que vit cette communauté footballistique inquiète et quelque peu désemparée.

C’est une chance que la majorité écrasante de l’effectif provienne des équipes locales qui tiennent le coup et, bien sûr, de l’étranger, où nos jeunes expatriés sont à l’abri de tous ces problèmes.

Nos clubs, pas tous heureusement, mais bon nombre d’entre eux, n’arrivent plus à tenir le coup.

Financièrement à bout, devant faire face à un public exigeant, indiscipliné et n’ayant encore rien compris à la situation et qui demande des renforts et des résultats.

Autant dire de nouvelles dettes en perspective, des menaces de suspension de la Fifa et des démissions que l’on brandit, faute de solutions.

Ce public, mal encadré (où en est l’affaire des «stadiers» décidée en réunion officielle ?), oublie que son apport est souvent nul et que ses agissements n’aident en rien les comités élus ou désignés en catastrophe, par des anciens et des sages, qui sortent rarement le carnet de chèques.

Notre football vaut mieux…

Le football professionnel se gère avec des ressources propres et des idées à même de lui permettre d’en créer. Pas avec des promesses et des vœux pieux.

Si nous rappelons que l’arbitrage est une source d’inquiétude, que l’infrastructure est également à bout, que l’état des terrains qui sont pour leur majorité la cause de bien des blessures, nous donnerons l’impression que nous nous acharnons sur un sport générateur de joie et de liesse.

Oui, parce que tout simplement nous sommes persuadés que notre football vaut mieux que cette tristesse qu’il vit.

Cela n’a rien d’un acharnement, mais cela relève d’un attachement sans faille  que bien des supporters lui vouent, mais qui se sentent impuissants face à la léthargie qui l’entoure. Pour le protéger de lui-même.

La meilleure preuve est dans le désert qui actuellement l’enferme dans un cercle vicieux et le menace. Personne ne souhaite plus endosser les responsabilités au sein d’un club (ou d’une fédération d’ailleurs).

La «profession» est trop lourde. Les vis-à-vis se vautrent dans leurs fauteuils et se contentent de promettre sans agir. Nos adversaires potentiels évoluent et tout un chacun se demande, quand se décidera-t-on à mettre un terme à ce délabrement qui n’a que trop duré. 

Autrement dit, cette trêve servira t-elle à quelque chose ?

Auteur

Kamel GHATTAS

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