Secteur agricole : Des richesses à reconstituer
La qualité des produits et des richesses agricoles nationales est reconnue et approuvée par les différents marchés internationaux. Pourtant, leur commercialisation continue à faire défaut, faute de valorisation.
D’où les directives du Président de la République de trouver, d’urgence, des solutions concrètes et radicales.
La Presse — Lundi dernier, le Chef de l’Etat est, encore une fois, revenu à la charge pour réaffirmer l’urgence de doter le secteur agricole de nouvelles ailes pour qu’il puisse valoriser son potentiel, gagner davantage en compétitivité, s’assurer, ainsi, un meilleur niveau de sécurité alimentaire, soutenir notre économie et consolider, du coup, les caisses de l’Etat.
Il est vrai, en effet, qu’au moment même où notre secteur multiplie les récoltes-records, notamment au niveau de certains produits phares, tels que l’huile d’olives avec environ 500 000 tonnes, et les dattes, les recettes ne sont pas toujours au niveau de nos espérances, en raison d’un dysfonctionnement structurel significatif.
Cela concerne, en premier, lieu, la politique commerciale, dans son ensemble, qui n’arrive pas, faute d’une stratégie cohérente, à bien positionner l’offre tunisienne sur les marchés internationaux et de maximiser, ainsi, les profits. Et ce sont toujours les mêmes défaillances, notamment l’écoulement, le stockage et le conditionnement, qui continuent à pénaliser cette filière et l’empêcher ainsi de rebondir.
Sinon comment justifier que plus de 87% des exportations de notre huile d’olive s’effectuent en vrac, alors que ce mode, comme on l’a déjà souligné, est totalement dépassé, car il dévalorise le produit et force la vente à des prix très bas par rapport à la concurrence.
Repenser le stockage
Une question stratégique qui nécessite des réponses urgentes et radicales, surtout au niveau du stockage qui, une fois bien fait, pourrait constituer un argument de négociation assez solide pour nos professionnels sur les marchés extérieurs, qui peuvent, ainsi, gérer les flux, éviter les pertes et vendre aux bons moments.
Toutefois, pour en tirer pleinement profit, le stockage doit être bien conduit et selon les normes, car toute défaillance pourrait être lourde de conséquences. Car, il est prouvé, scientifiquement, qu’un mauvais stockage affecte considérablement les paramètres essentiels à la qualité de l’huile d’olive.
Il faut donc disposer d’un réseau moderne et fiable, ce qui implique, bien entendu, des investissements assez conséquents. Or, cette question de financement intervient toujours comme le problème majeur qui pénalise toute la chaîne oléicole, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation. Et ce n’est donc pas un hasard si le Chef de l’Etat, a recommandé « d’intervenir d’urgence pour mettre un terme à la souffrance des petits agriculteurs », pour qu’ils puissent bénéficier de « leurs pleins droits aussi bien au niveau de la récolte, du pressage que de la commercialisation ».
Egalement, l’Office national de l’huile doit s’associer davantage à l’effort national et s’impliquer encore plus dans les différents programmes de réorientation de ce produit. Aujourd’hui, il n’est plus permis de se contenter du rôle de simple superviseur, mais plutôt d’acteur incontournable.
Il est clair que le secteur agricole, dans son ensemble, a besoin, évidemment, de toute une stratégie spécifique et bien intégrée. Cela est d’autant plus vrai que cette mauvaise commercialisation ne se limite pas à l’huile d’olives mais s’étend aux dattes et autres produits du terroir, pourtant leur qualité est reconnue et approuvée par les différents marchés internationaux. Il est nécessaire donc de régir vite pour faire de ces produits des références mondiales.
A ce stade, l’on espère que la stratégie nationale de valorisation des produits du terroir, lancée depuis 2022 déjà, apportera, finalement, des solutions concrètes et réussira, ainsi, à reconstituer et repositionner ces richesses nationales.