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Kaïs Saïed : L’agriculture fait partie de la sécurité nationale tunisienne

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  • 3 janvier 17:45
  • 5 min de lecture
Kaïs Saïed : L’agriculture fait partie de la sécurité nationale tunisienne

L’agriculture est un pilier de la sécurité nationale et de la souveraineté de l’État. Kaïs Saïed appelle à protéger les petits agriculteurs et assure que l’État mobilisera tous ses moyens pour préserver les ressources nationales et les droits des citoyens.

La Presse —La rencontre tenue le 29 décembre au palais de Carthage entre le Président de la République, Kaïs Saïed, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Belcheikh, ainsi que les deux responsables de l’Office national de l’huile (ONH) et de l’Office national des aliments du bétail (Onab), intervient à un moment décisif pour un secteur stratégique dans notre pays, celui de l’agriculture, qui constitue l’un des piliers les plus importants de notre économie. Loin d’un simple exercice de suivi, cette réunion réaffirme la volonté du Chef de l’État de placer l’agriculture au cœur de la sécurité nationale et de la souveraineté du pays. 

Oléiculture : agir rapidement et efficacement

Dans un contexte marqué par une récolte agricole exceptionnelle, notamment dans la filière oléicole, après plusieurs années de déficit pluviométrique, Kaïs Saïed a insisté sur l’impératif de lever tous les obstacles structurels auxquels font face les petits agriculteurs, afin qu’ils puissent obtenir pleinement leurs droits, depuis la récolte et le pressage des olives jusqu’à leur commercialisation sur les marchés national et international.

Le Président a souligné que l’intervention publique devrait être «rapide et urgente pour protéger les producteurs et atténuer leurs souffrances». Cette analyse critique s’est particulièrement portée sur l’Office national de l’huile. Kaïs Saïed a relevé à cet effet que «l’évolution de la capacité de stockage reste insuffisante pour répondre aux besoins réels», nonobstant les progrès réalisés, et que «cette lacune peut peser sur les prix et fragiliser les producteurs en période d’abondance».

Dans ce même contexte, le Chef de l’État a réaffirmé que «l’État dispose de l’arsenal législatif nécessaire pour protéger ses richesses et soutenir son peuple», et qu’il «ne tolérera aucune atteinte aux droits des citoyens, y compris par les lobbies et leurs relais». Par conséquent, il apparaît essentiel d’imposer un contrôle plus strict sur les circuits parallèles et de prévenir les pratiques frauduleuses, afin de garantir que les producteurs tirent pleinement profit de leurs récoltes.

Une stratégie durable pour le renouvellement du cheptel

La réunion a également porté sur le rôle central de l’Office national des aliments du bétail dans l’approvisionnement des agriculteurs en fourrages et la régulation des prix, ainsi que sur la nécessité de contrer toute tentative de monopole ou de manipulation du marché par certains acteurs privés qui ont volontairement baissé les prix pour neutraliser l’intervention de l’Office.

Créé début 2024, l’Onab se veut un outil structurant de la politique agricole, chargé de missions stratégiques dont l’élaboration des stratégies nationales, la production et la distribution d’aliments pour bétail, la constitution de stocks de réserve, et enfin l’ajustement du marché et des études économiques sur les coûts de production.

Au-delà des urgences immédiates, le Président a insisté sur la nécessité d’une stratégie durable pour le renouvellement du cheptel national et la préservation des semences tunisiennes, afin de réduire la dépendance aux importations et renforcer la souveraineté agricole face aux fluctuations internationales. Cette priorité est d’autant plus cruciale que le secteur de l’élevage traverse une crise profonde, avec une baisse de près de 20% du cheptel bovin en 2025, touchant principalement les petits éleveurs et menaçant directement la sécurité alimentaire nationale.

L’enjeu de la souveraineté économique

Il est à souligner que la loi de finances 2025 a introduit plusieurs mécanismes de soutien destinés aux petits agriculteurs et aux PME, incluant des lignes de crédit préférentielles, des subventions à l’élevage, des exonérations fiscales sur l’importation de jeunes bovins ainsi que la création d’un fonds d’indemnisation pour les pertes liées aux catastrophes naturelles.

Parallèlement, des décisions interministérielles ont été prises pour fluidifier les circuits de distribution et stabiliser les prix des produits stratégiques tels que les olives, les dattes et les agrumes. Ces initiatives ont contribué à des performances remarquables de la filière oléicole à l’échelle mondiale.

Toutefois, ces résultats contrastés rappellent que les succès ponctuels ne sauraient masquer les fragilités structurelles persistantes, en particulier dans le domaine de l’élevage. Les mesures annoncées, bien que nécessaires, resteront insuffisantes sans une réforme de fond visant à moderniser le modèle agricole, renforcer sa résilience face au changement climatique et faire de l’agriculture un pilier durable de la souveraineté économique et alimentaire nationale.

L’agriculture n’est pas seulement un secteur économique, mais un pilier de la sécurité nationale et de la souveraineté de l’État. La période actuelle, marquée à la fois par des performances agricoles exceptionnelles et par des fragilités structurelles profondes, impose une intervention publique rapide, structurée mais aussi protectrice, en particulier pour les petits agriculteurs et éleveurs, face à la spéculation, aux monopoles et aux défaillances logistiques.

Il va sans dire que l’État mobilisera tous ses moyens législatifs et institutionnels pour préserver les ressources nationales et garantir les droits des citoyens, comme l’a affirmé le Chef de l’Etat à cette occasion. 

 

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Auteur

Samir DRIDI