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Disparition des bananes en Tunisie : enquête internationale pointe contrebande et marchés parallèles

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  • 9 janvier 15:25
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Disparition des bananes en Tunisie : enquête internationale pointe contrebande et marchés parallèles

La disparition quasi totale des bananes des rayons des supermarchés tunisiens a attiré l’attention d’une agence de presse internationale, qui relie ce phénomène à une combinaison de facteurs structurels et de réseaux illicites de commercialisation, au moment où les consommateurs font face à une flambée des prix et à des étals vides.

Au cours des derniers mois, plusieurs chaînes de distribution à Tunis, telles que Monoprix, Carrefour ou Magazin Général, ont constaté l’absence ou la forte réduction de l’offre de bananes, un fruit traditionnellement présent dans les foyers tunisiens. Cette situation ne serait pas seulement due à une baisse des importations, mais aussi à circuits parallèles non officiels impliquant notamment la Libye et l’Algérie, selon des témoignages recueillis par Agenzia Nova.

Sur ces marchés parallèles, explique la même source, les bananes continuent d’être vendues, mais à des prix extrêmement élevés, jusqu’à 20 dinars le kilogramme (environ 6 €), bien au‑delà des plafonds fixés par le gouvernement tunisien (5 dinars pour les bananes égyptiennes et 7 dinars pour celles d’autres origines).

La Tunisie ne produit pas de bananes localement et dépend presque entièrement des importations pour répondre à la demande nationale. Cette dépendance expose la filière à des variations des prix internationaux, des coûts logistiques et des pressions sur le marché formel, créant une opportunité pour les circuits illégaux ou informels d’alimenter une économie souterraine autour de ce fruit et d’autres produits essentiels.

Les autorités tunisiennes ont intensifié les contrôles économiques et douaniers, notamment en ciblant des cargaisons irrégulières pour les saisir et les réintroduire dans les circuits régulés au prix officiel, dans le but de stabiliser l’approvisionnement et dissuader les pratiques illicites.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de pression inflationniste sur les produits alimentaires de base, malgré une inflation globale en baisse à 4,9 % à la fin de décembre 2025 selon l’Institut national de la statistique, qui note toutefois une hausse des prix de nombreux produits alimentaires.

En l’absence de régularisation durable des circuits d’importation et de lutte plus efficace contre la contrebande, les consommateurs tunisiens risquent de continuer à subir les effets combinés de l’offre réduite et de la spéculation sur un produit dont la disponibilité dans le circuit formel reste incertaine.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH