À partir de janvier 2026, un nouveau chapitre devrait s’ouvrir pour la jeunesse tunisienne à la recherche d’opportunités professionnelles en Europe. Dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’Italie et la Tunisie, 4 000 travailleurs tunisiens non saisonniers seront chaque année autorisés à entrer légalement en Italie pour occuper des postes dans des secteurs où la pénurie de main‑d’œuvre se fait cruellement sentir.
En effet, selon l’agence de presse Agenzia Nova, l’axe Rome‑Tunis s’articule sur plusieurs volets : des accords bilatéraux en matière d’emploi, des quotas saisonniers encadrés par le Décret Flussi, ainsi que des projets stratégiques dans le cadre du Plan Mattei. A cet égard, un nouveau mémorandum triennal, entré en vigueur en janvier 2026, prévoit chaque année l’entrée légale de 4 000 travailleurs tunisiens non saisonniers en Italie. Cette initiative vise à répondre aux besoins de main-d’œuvre du pays tout en offrant une alternative sûre et légale aux traversées irrégulières. Selon la même source, l’accord comprend également des procédures simplifiées pour l’obtention de visas et de permis de séjour, permettant aux travailleurs de prolonger leur séjour au-delà de la fin de leur contrat initial si de nouvelles opportunités d’emploi se présentent.
Ce dispositif n’est pas une initiative isolée, mais le résultat d’un memorandum of understanding signé le 20 octobre 2023 entre les deux gouvernements, dans lequel l’Italie et la Tunisie ont convenu de promouvoir des voies légales et sécurisées pour l’emploi des Tunisiens en Italie.
Signé à Tunis par le ministre tunisien des Affaires étrangères à l’époque et son homologue italien, ce texte prévoit un cadre clair pour l’accès au marché du travail italien, tout en assurant la protection des travailleurs et le respect des standards européens. Les responsables italiens insistent sur le fait que cette démarche vise autant à répondre aux besoins économiques de l’Italie qu’à réduire les risques liés à l’immigration clandestine.
La décision de consacrer 4 000 visas annuels pour des travailleurs tunisiens non saisonniers s’inscrit dans un contexte économique précis. L’Italie, comme beaucoup de pays européens, fait face à une pénurie de main‑d’œuvre, amplifiée par le vieillissement de la population et la baisse du nombre de jeunes actifs. Des secteurs comme l’agriculture, le tourisme, le bâtiment, la logistique et les services à la personne connaissent une tension particulière. Pour le gouvernement italien, ce dispositif bilatéral est une solution pragmatique : il permet de répondre à ces besoins immédiats tout en offrant aux travailleurs tunisiens un cadre légal sûr et régulé pour exercer leur métier.
Pour les jeunes Tunisiens, cette perspective représente une opportunité concrète. Le taux de chômage, particulièrement élevé parmi les diplômés, rend l’émigration économique une réalité quotidienne. L’accord bilatéral crée donc non seulement un accès officiel au marché du travail italien, mais il garantit également un processus transparent, avec une offre d’emploi préalable, des visas et des permis de séjour clairement définis. Dans certains cas, des programmes de formation professionnelle seront proposés pour préparer les candidats aux standards exigés en Italie, facilitant leur intégration et leur adaptation.
Les institutions italiennes et tunisiennes ont insisté sur l’importance d’une coopération étroite et continue entre les services consulaires, les agences pour l’emploi et les employeurs. L’objectif est d’assurer que les 4 000 postes annuels soient effectivement pourvus par des travailleurs qualifiés et prêts à s’insérer durablement dans le marché du travail. Le mémorandum prévoit aussi la possibilité, dans certains cas, pour les travailleurs de prolonger leur séjour au‑delà du contrat initial, lorsque des opportunités se présentent.
Pour Rome, il s’agit également d’une pièce dans un dispositif migratoire plus large. La nouvelle législation italienne, connue sous le nom de Decreto Flussi 2026‑2028, prévoit l’émission de près de 500 000 visas de travail pour ressortissants non européens sur trois ans. Le quota de 4 000 Tunisiens s’inscrit donc dans un cadre légal national qui vise à réguler l’immigration de manière ordonnée, à répondre aux besoins structurels du marché et à protéger les travailleurs.
Du côté tunisien, l’annonce a été accueillie avec optimisme : une opportunité de réduire le chômage structurel, de permettre aux jeunes d’acquérir une expérience professionnelle internationale et de renforcer les liens économiques entre les deux pays.
Pour le citoyen tunisien intéressé, la démarche est désormais claire : il faudra d’abord obtenir une offre d’emploi en Italie, puis suivre la procédure consulaire pour le visa et le permis de séjour. Les candidats sélectionnés bénéficieront d’un cadre juridique sécurisé et de conditions de travail encadrées, garantissant que cette migration ne repose pas sur l’incertitude ou l’irrégularité.
Ceci pour dire que l’accord Italie‑Tunisie sur les 4 000 travailleurs non saisonniers par an illustre une volonté commune de promouvoir l’emploi légal et protégé, tout en répondant aux besoins économiques de l’Italie et aux aspirations professionnelles des Tunisiens. Dans un contexte où l’émigration irrégulière continue de poser des défis humains et économiques, ce type d’accord offre une solution pragmatique et humaine, bénéfique pour tous.