La résilience de l’économie tunisienne reste tributaire de sa capacité à renforcer son autonomie économique et financière et sa gouvernance qui conditionnent sa capacité à amortir les chocs sur le court et le moyen termes, a fait ressortir une note d’analyse réalisée par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ).
Intitulée « Résilience de l’économie tunisienne :Mesure et positionnement extérieur », cette analyse met également l’accent sur l’importance de la capacité de l’économie tunisienne à consolider les progrès en matière de cohésion sociale, pour qu’elle soit une économie résiliente.
Il s’agit également de sa capacité de production qui reste, néanmoins en deçà des performances accomplies par les pays de comparaison, précise le meme document.
Pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne, garantir la cohérence des actions tout au long du cycle de réponse aux chocs et consolider le positionnement international du système économique en matière de résilience, les auteurs de cette analyse recommandent de structurer les réformes à entreprendre selon trois capacités.
Il s’agit de renforcer la capacité d’absorption, c’est à dire amortir les chocs sans rupture systémique, de stimuler la capacité de récupération, en restaurant rapidement les équilibres après crise, et d’accélérer la capacité d’adaptation, en transformant durablement les systèmes économiques
Renforcer la capacité d’absorption
Selon le document, le renforcement de la capacité d’absorption réside principalement, en la réduction des coûts et la diversification des sources de financement, tout en facilitant les conditions d’accès aux crédits pour augmenter les marges de manœuvre des opérateurs économiques.
De même, il y a lieu d’atténuer les chocs sur le court terme et pouvoir engager des investissements nécessaires pour la récupération, de préparer la transformation, et d’ activer les accords commerciaux pour renforcer l’intégration commerciale et diversifier les marchés à l’exportation dans un objectif d’autonomie commerciale, précise le document.
Pour stimuler la capacité de récupération, l’analyse souligne la nécessité de stabiliser la production agricole par la mise en œuvre de politique visant la modernisation des pratiques productives principalement l’amélioration de la gestion des ressources en eau et le soutien financier, pour faire face aux aléas climatiques.
Cela permettra de réduire la dépendance alimentaire et assurer un approvisionnement continu des marchés. Il s’agit également de simplifier les procédures administratives et stabiliser le cadre réglementaire régissant le climat d’investissement, notamment le cadre fiscal pour assurer plus de visibilité aux opérateurs économiques.
Accélérer la capacité d’adaptation
Selon la meme analyse, l’accélération de la capacité d’adaptation aura lieu en renforçant des mécanismes de reconversion des travailleurs dans les secteurs en difficulté et en promouvant la mobilité professionnelle vers les filières porteuses, afin de soutenir la réallocation efficace des ressources humaines.
Il s’agit également de développer les compétences d’avenir (numériques, vertes et managériales) en adéquation avec les besoins émergents du marché du travail et des transformations structurelles de l’économie, et de retenir les talents en favorisant, notamment, la formation continue et en créant un environnement attractif pour les compétences locales et expatriées (politiques de rémunération compétitives, conditions de travail prometteuses, …) et ce, dans le but d’accompagner la transformation économique.
En outre, l’analyse recommande l’inscription de la résilience économique comme une priorité dans les stratégies sectorielle, territoriale et nationale de développement, articulant les dimensions économiques, sociales et environnementales.