gradient blue
gradient blue
Société

Rabais, Ramadan, pouvoir d’achat : Les soldes entrent en scène

  • 11 janvier 18:30
  • 5 min de lecture
Rabais, Ramadan, pouvoir d’achat : Les soldes entrent en scène

Pour les accros du shopping, juste un peu de patience avant de pouvoir profiter des présupposées bonnes affaires en matière de prêt-à-porter et de chaussures ou encore de cosmétiques et parfums…

La Presse — Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé que la saison des soldes d’hiver débutera le jeudi 29 janvier 2026 et durera huit semaines. Il a invité les commerçants de tous les secteurs à participer activement à cet événement commercial, qui devrait contribuer à dynamiser l’activité économique, les exhortant à pratiquer des remises et des prix préférentiels adaptés au pouvoir d’achat des consommateurs, notamment à l’approche du Ramadan et de l’Aïd el-Fitr.

Pour rappel dans un premier temps, la fin du mois de janvier en cours avait été décidée par le ministère du Commerce, avant qu’une date définitive ne soit fixée. Cela rompt avec l’exception entrevue l’an dernier lorsque les soldes avaient dé-marré le 15 janvier 2025 mais revient aux habitudes des années précédentes autour du 1er février.

Selon Mohsen Ben Sassi, président de la chambre nationale du prêt-à-porter, la prolongation proposée vise à stimuler l’activité commerciale et à soutenir le pouvoir d’achat des Tunisiens, alors que les dépenses augmentent traditionnellement pendant le Ramadan. Le président de la chambre a également souligné que les soldes contribuent à mieux contrôler l’inflation, notamment dans le secteur des vêtements et chaussures, qui représente l’une des catégories principales participant aux soldes, qu’ils soient d’hiver ou d’été.

Enthousiasme des commerçants

Les commerçants spécialisés dans les vêtements et chaussures se déclarent enthousiastes pour la saison des soldes d’hiver et prêts à proposer des produits avec des réductions attractives pour encourager les consommateurs.

Pour rappel, la loi n°40 de 1998 relative aux méthodes de vente et à la publicité commerciale stipule que la réduction minimale lors des soldes périodiques doit être de 20 %. La loi qui régit les soldes en Tunisie est principalement la loi n°40 du 2 juin 1998, bien qu’elle soit souvent critiquée pour son obsolescence, avec des projets de réforme en cours pour l’adapter aux réalités du marché actuel comme le commerce en ligne, etc.

Cette loi encadre la période, les réductions et les obligations d’affichage, mais c’est le ministère du Commerce qui fixe les dates annuelles de début et de fin des soldes d’hiver comme d’été, en accord avec les professionnels, généralement autour du 1er février en hiver et du 7 août en été.

Une réforme a été mise en place en 2025 pour réglementer l’ensemble du secteur à l’ère du numérique et de la vente en ligne.

Une réforme en marche

À ce jour, en janvier 2026, le recul est désormais suffisant pour évaluer la mise en œuvre de la réforme annoncée en février 2025 concernant la réglementation des soldes en Tunisie. Un point de situation permet de mesurer l’évolution de ce cadre réglementaire à la suite des annonces du ministère du Commerce. Réforme du cadre législatif (décret de 2025).

Comme prévu, l’amendement a été finalisé au cours du premier semestre 2025. La principale avancée réside dans l’intégration formelle du commerce électronique et des ventes via les réseaux sociaux dans le dispositif légal des soldes. Les boutiques en ligne sont désormais soumises aux mêmes obligations de transparence que les commerces physiques, notamment en matière d’affichage du prix de référence et du taux de réduction.

Par ailleurs, une plus grande flexibilité a été introduite dans la fixation des dates, permettant d’adapter les périodes de soldes au calendrier lunaire, en particulier autour de l’Aïd, sans recourir systématiquement à des dérogations exceptionnelles. La réforme a également permis d’élargir le champ des secteurs concernés. Des segments auparavant moins représentés, tels que l’équipement de la maison ou les nouvelles technologies, ont été intégrés, contribuant à diversifier l’offre et à réduire la dépendance exclusive au textile.

En ce début d’année 2026, la dynamique semble s’être stabilisée. Les contrôles économiques ont été renforcés afin de vérifier la réalité des réductions annoncées, notamment sur les plateformes numériques. Le taux de participation des commerçants demeure élevé, la réforme ayant simplifié les procédures de déclaration et réduit les contraintes administratives.

La réforme est entrée dans une phase d’application concrète. Elle a permis de formaliser et d’encadrer des pratiques de vente en ligne jusque-là situées dans une zone grise, tout en cherchant à redynamiser le commerce physique dans un contexte marqué par l’inflation.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

You cannot copy content of this page