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Fictions ramadanesque – « Arrière El Goddem 2 » de Bassem Hamraoui : On en redemande !

  • 12 mars 19:15
  • 5 min de lecture
Fictions ramadanesque – « Arrière El Goddem 2 » de Bassem Hamraoui : On en redemande !

Au-delà de son humour fin et souvent malicieux, la fiction fait vibrer toute une palette d’émotions parfois jusqu’aux larmes, ravivant la douceur des souvenirs d’enfance des Millennials (génération Y), ceux des réunions familiales animées et des gestes d’affection (ou pas) spontanés.

La Presse — La série « Arrière El Goddem », fait son retour avec une deuxième saison diffusée durant cette seconde moitié du mois de Ramadan, au grand plaisir des spectateurs qui avaient suivi avec intérêt son lancement l’an dernier.

La série les avait, en effet, largement séduits et avait rapidement enregistré des taux de visionnage élevés, notamment parce qu’elle les replonge dans ce que nous autres tunisiens appellons « l’âge d’or », en référence aux années 1990.

Mais son succès ne se limite pas à cela et ce recours à la nostalgie que certains pourraient considérer comme un choix facile, est habilement servi par un rythme soutenu, un humour à la fois subtil et déjanté, des situations délirantes, un travail soigné sur les costumes et un super casting.

Derrière ce projet ingénieux, qui s’inscrit dans une tendance de plus en plus présente qui mise sur l’esthétisation de la nostalgie, on retrouve le comédien Bassem Hamraoui, qui a réussi à réconcilier le public tunisien avec les productions ramadanesques en choisissant de s’éloigner du petit écran ( certaines chaînes ayant, semble-t-il, refusé le projet ) au profit de YouTube.

Un choix qui permet également d’échapper aux interminables coupures publicitaires, la série privilégie plutôt l’intégration des produits de ses sponsors dans le déroulement de l’histoire. A sa diffusion, « Arrière El Goddem » avait suscité de nombreuses réactions enthousiastes sur les réseaux sociaux. Beaucoup d’internautes ont salué son originalité, la décrivant comme un savant assemblage de souvenirs, de détails du quotidien et de scènes qui ravivent la nostalgie d’une époque désormais révolue.

Au-delà de son humour fin et souvent malicieux, la fiction fait vibrer toute une palette d’émotions parfois jusqu’aux larmes, ravivant la douceur des souvenirs d’enfance des Millennials (génération Y), ceux des réunions familiales animées et des gestes d’affection (ou pas) spontanés.

Dans cette exploration nostalgique, la série suit Helmi (interprété par Bassam Hamraoui), un jeune homme qui trouve dans le camping une échappatoire à sa relation tendue avec son père. Lors d’une excursion dans une zone isolée avec un ami, il s’éloigne pour satisfaire un besoin naturel et remarque l’entrée d’une grotte.

Il tente de convaincre son compagnon de l’accompagner pour l’explorer, mais celui-ci refuse. Helmi s’y aventure alors seul et traverse une porte temporelle qui le projette dans une époque où il n’était pas encore né.

Sa vie en est bouleversée, il redécouvre son père (Ahmed Ajimi) alors encore célibataire, retrouve sa mère (Lobna Sediri) disparue et nous replonge dans une ambiance que beaucoup regrettent aujourd’hui, celle d’un temps où les gens n’étaient pas plongés en permanence dans leurs smartphones, où l’on communiquait encore à l’ancienne, avec des téléphones fixes, des «taxiphones» ou, mieux encore, avec des lettres écrites à la main. Une époque où les relations humaines semblaient plus simples, où l’on prenait davantage soin les uns des autres.

En Tunisie, surtout dans les vieux quartiers, cela évoque les traditionnelles virées au bain maure, les lettres d’amour échangées discrétement, les télénovelas mexicaines qui animaient les soirées des ménages, ou encore les parties de billes et de toupies des enfants dans les ruelles.

A travers cette aventure, la série ne se contente pas de divertir, elle devient un véritable miroir des émotions et des souvenirs collectifs, rappelant combien les relations humaines pouvaient être simples.

Outre Bassam Hamraoui, la saison précédente a réuni entre autres, Wajeeha Jendoubi, Lobna Sediri, Ahmed Ajmi, Jelel Eddine Saâdi, Oumaima Hamrouni, Mohamed Souissi et Samia Hammi. Parmi les invités d’honneur figurent également Jalaleddine Saadi et Hichem Bortguez.

Cette année, s’ajoutent à ce casting: Saif Bati, Hela Mezyou, Yassin Salhi et Mounir Ammeri avec comme invités d’honneur Naima El Jeni et Abdelhamid Bouchnak (dont on a adoré le personnage et l’interprétation).

Helmi, qui avait retrouvé son présent à la fin de la première saison, parvient à retourner dans le passé, mais se retrouve contraint de tout recommencer à zéro car personne de ceux auxquels il s’était dévoilé lors de son précédent voyage, ne le reconnaît.

Mais cette fois-ci, il n’y va pas seul, il est accompagné d’une bande improbable où chacun des membres est plus déluré que l’autre. De quoi ajouter plus de tonalités et une nouvelle dynamique à cette aventure temporelle.

Auteur

Meysem MARROUKI

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