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Editorial

Opérationnalité et productivité

  • 24 mars 17:00
  • 3 min de lecture
Opérationnalité et productivité

LE programme national de restructuration des entreprises publiques, lancé et relancé à plusieurs reprises, sans aucune suite, faute d’engagement et de responsabilisation, pourrait connaître, cette fois-ci, un tournant décisif et un dénouement heureux.

C’est que depuis quelques mois, ce problème n’a jamais été traité avec autant de sérieux et d’implication collective, grâce à un engagement sans faille de nos premiers décideurs. Ce qui justifie ces nouvelles mesures et autres dispositions qui semblent, cette fois-ci, concrètes et radicales. Certains parlent même de dispositions intelligentes, surtout avec la nouvelle approche de fusion entre les entités à activités similaires. Une parade qui pourrait apporter plus de profondeur au programme.

En effet, en plus de la question de réduction des charges et la maîtrise des coûts et des dépenses, plutôt évidente, toute fusion se présente, souvent, comme un levier essentiel pour l’optimisation de la croissance.

Les experts reconnaissent, en fait, que dans un contexte complexe, la fusion permet aux entreprises de prétendre à un meilleur niveau de croissance, consolider leur position sur le marché, élargir leur capacité de concurrence  et ouvrir les perspectives de développement et de conquête de nouveaux marchés.

Ces objectifs stratégiques sont tout à fait légitimes, car le rapprochement entre unités productives permet de mieux  accéder aux nouvelles technologies, élargir les programmes de recherche et d’innovation et disposer de nouvelles compétences.

Et c’est, bien évidemment, l’importance de ces enjeux qui justifie l’intérêt de l’Etat qui, privilégiant la restructuration à la privatisation, a soumis le programme à une planification assez rigoureuse.

Et l’Etat ne s’est pas contenté de planifier seulement, mais de garantir les moyens et les outils indispensables à la concrétisation. D’où la mobilisation, dans une première étape certainement, d’un fonds de 100 millions de dinars.

Reste que cette opération n’est pas de tout repos. La transition est plutôt complexe. Pour s’assurer de sa bonne gestion, il est impératif de maximiser l’adhésion des différents acteurs, retravailler le sentiment d’appartenance, améliorer le niveau de communication, miser sur la transparence et maintenir un accompagnement de cette transformation dans ses différentes phases.

Des recommandations essentielles, car la fusion impose, en quelque sorte, une nouvelle façon de gouvernance qui mise sur le sauvetage des institutions, l’organisation des ressources et l’allégement des charges sur les finances publiques.          

Toutefois, toute opération de ce genre doit être conduite avec une prudence extrême, car toute déstabilisation entre les équipes, tout conflit d’intérêts et toute confusion, notamment au niveau des responsabilités, seraient lourdes  de conséquences aussi bien en termes d’opérationnalité que de productivité. Les plus pessimistes parlent même du risque de perte d’identité.

Auteur

Anis SOUADI

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