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Société

Tourisme : Préparer le plan B

  • 8 avril 18:15
  • 4 min de lecture
Tourisme : Préparer le plan B

Le tourisme, c’est comme le temps. On n’est jamais sûr de rien lorsque le temps est couvert. Il pourrait pleuvoir comme on risque de subir la chaleur étouffante d’un soleil qui se cache derrière les nuages.

La Presse — Avec les bouleversements que vit le monde, les menaces, les vols annulés à cause des incertitudes nourries par les réseaux sociaux, il fallait s’y attendre.

Une chance pour le tourisme local de reprendre espoir. Une «cinquième roue de la charrette» à recoller derrière, avec les habituelles promesses d’accorder des réductions et d’offrir un accueil des plus chaleureux.

Il est quand même malheureux que lorsque l’on soulève ce problème, jamais résolu du tourisme local, on émet des doutes.

Et ces doutes ne disparaîtront que le jour où on alignera les prix et les prestations. Le Tunisien n’a pas de devises à payer, mais possède cette joie de vivre qui relance la machine économique.

Qu’on le veuille ou non, le touriste tunisien dépense généreusement et en bon vivant. Il consomme de tout, sans compter.

Bien sûr, ces millions de visiteurs ne vont pas s’éclipser en totalité mais, d’après les agences de voyages, la crainte du lendemain s’est installée.

En plus des conditions géopolitiques qui règnent un peu partout dans le monde, l’Europe, d’où vient la majorité de notre clientèle, vit un marasme économique lourd de conséquences, avec une augmentation du coût de la vie et une inflation galopante.

Cela finit par influencer psychologiquement et finit par mettre à mal cette    envie d’aller en vacances.

Reste que la saison n’est pas totalement engagée et des changements d’attitudes pourraient intervenir en faveur d’un retour à la normale.

D’après des confrères étrangers, on pense beaucoup plus à stocker des vivres en prévision des jours difficiles, qu’à réserver pour les vacances.

Combien durera-t-elle cette incertitude? Au moins le temps que le sang coule et que des innocents paient la folie de ceux qui ne pensent qu’à la domination et à l’asservissement.

Un pays réellement touristique possède toujours des solutions de rechange, aux côtés d’une clientèle locale assez fournie, bien traitée et surtout capable de faire tourner les affaires en cas de marasme. Pour ce qui nous concerne, nous avons une population qui aime vivre et imposer sa façon de profiter du temps présent.

On a beau adresser des reproches aux hôteliers, ces prestataires de services demeurent incontournables. Même s’ils ne pensent qu’à tirer la couverture à eux.  Il fut un temps où il y avait des reproches à l’égard d’une certaine clientèle qui manquait de savoir vivre.

Pourtant, on tolère que nombre de nos hôtes se lèvent de table en prenant ce qui reste de la bouteille d’eau pour ne pas en acheter. Donc, trêve d’excuses et pour ne pas se faire surprendre, il faudrait mettre en place un vrai plan B.

Si la situation internationale s’améliore et que la confiance revient chez nos hôtes, ils seront la bienvenue. Si tout se bloque, nous ne devons pas avoir une saison blanche. Les familles qui vivent de ce métier ont le droit de vivre normalement leur vie sans s’inquiéter du lendemain.

Les familles tunisiennes aimeraient tant passer des vacances, mais si l’on fait une remise pour louer une journée à cent dinars la personne et que cela se traduit par cinq cents pour une famille normale, beaucoup préféreront s’acheter une tente ou louer un parasol.

D’ailleurs, avec la reprise en main qui a été engagée la saison passée et qui continue, il y a plus d’ordre et de discipline sur les côtes. La présence des rondes de surveillance  a amélioré la situation et d’après les réseaux sociaux, il y a beaucoup plus de petites caravanes aménagées qui se vendent. Cela explique bien des choses et souffle bien des idées.

La solution est entre les mains des hôteliers qui sont en mesure d’appliquer des tarifs raisonnables et collant à la réalité tunisienne. Ils ne seront pas perdants, étant donné qu’ils consentent ces prix pour les touristes étrangers.

Sans tricherie, ils pourraient s’assurer un remplissage qui leur permettra de sauver leur saison ou de gagner plus en fidélisant une nouvelle clientèle.

Auteur

Kamel GHATTAS

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