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Société

À la veille de l’Aïd El-Kébir: Voyageurs sous pression et trafic sous tension dans les gares tunisiennes

  • 27 mai 2026
  • 4 min de lecture
À la veille de l’Aïd El-Kébir: Voyageurs sous pression et trafic sous tension dans les gares tunisiennes

À quelques jours de l’avènement l’Aïd El-Kébir, les grandes gares routières tunisiennes retrouvent leur agitation habituelle. À Tunis, les stations de Bab Saadoun et de Bab Alioua connaissent une affluence exceptionnelle, conséquence directe des déplacements massifs des familles vers les régions de l’intérieur du pays. Entre longues files d’attente, inquiétudes liées à la surcharge des moyens de transport et craintes des perturbations routières, les voyageurs tentent tant bien que mal d’organiser leurs départs dans un contexte marqué par une forte pression sur le réseau de transport interurbain.

La Presse — Comme chaque année, la Société nationale de transport interurbain (Sntri) se retrouve au cœur du dispositif de mobilité. L’entreprise publique, principal acteur du transport entre les villes tunisiennes, assure quotidiennement des dizaines de dessertes à travers le pays. À l’approche de l’Aïd, la demande grimpe brusquement, atteignant son pic durant les journées de lundi et mardi, considérées comme les plus chargées avant les célébrations qui se tiennent sur 2 jours officiellement aujourd’hui mercredi 27 et demain jeudi 28 mai 2026.

L’ attente est longue…
Dans les gares, les scènes de foule se multiplient dès les premières heures de la matinée. Certains voyageurs racontent avoir attendu de longues minutes avant de pouvoir monter à bord d’un bus. « Nous avons attendu une heure, et pourtant le bus semblait déjà plein alors que les passagers continuaient de monter », témoigne un passager rencontré à la gare de Barcelone, au centre de Tunis. Un autre explique avoir préféré voyager plus tôt pour éviter les embouteillages de dernière minute : « Il vaut mieux rentrer aujourd’hui avant la grande foule du jour de l’Aïd. »
Malgré cette forte affluence, plusieurs usagers reconnaissent que les préparatifs ont débuté plus tôt cette année.
La Sntri affirme avoir renforcé son programme spécial Aïd grâce à l’ajout de bus supplémentaires et au soutien du ministère des Transports. Selon les responsables, le nombre de véhicules mobilisés a augmenté de 40% par rapport à l’année dernière, avec l’appui des sociétés régionales de transport pour absorber le flux des voyageurs.
Les agents de la compagnie assurent que les départs seront maintenus de manière continue afin d’éviter l’encombrement dans les gares. « Toute personne qui se présentera à la gare pourra voyager », affirme un responsable, précisant que les équipes resteront mobilisées jusqu’à une heure tardive afin de répondre à la demande croissante.

Réservation anticipée
La réservation anticipée constitue également l’un des leviers privilégiés pour fluidifier le trafic. Les guichets ont ouvert environ deux semaines avant l’Aïd afin de permettre aux voyageurs de programmer leurs déplacements à l’avance. Pour certains usagers, cette organisation permet d’éviter les tensions et les bousculades de dernière minute. « Je vais à Sidi Bouzid et je réserve un siège toujours plusieurs jours à l’avance », explique un voyageur habitué des liaisons interurbaines.
Mais au-delà des gares, c’est aussi l’état du trafic routier qui inquiète. À l’approche des vacances de l’Aïd, plusieurs axes routiers reliant Tunis aux régions de l’intérieur devraient connaître d’importants ralentissements, notamment en raison du nombre élevé de voitures particulières, de taxis collectifs et de bus supplémentaires circulant simultanément. Les départs massifs prévus en début de semaine risquent ainsi de provoquer des embouteillages sur les principales routes nationales et autoroutes du pays.

Les louages mobilisés
Les autorités misent également sur le renforcement exceptionnel du transport public non régulier. Des autorisations temporaires devraient être accordées à certains taxis et louages afin de soutenir les capacités de transport et limiter la saturation des lignes habituelles. Une mesure jugée nécessaire face à l’augmentation continue du nombre de voyageurs pendant cette période sensible de l’année.
Dans les gares comme sur les routes, l’ambiance reste donc marquée par une même attente : pouvoir rejoindre sa famille dans des conditions acceptables avant le début des festivités. Entre impatience, fatigue et espoir d’un voyage sans incident, des milliers de Tunisiens s’apprêtent une nouvelle fois à prendre la route de l’Aïd.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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