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Sport

Au fait du jour : Qu’ils partent !

  • 30 mai 2026
  • 4 min de lecture
Au fait du jour : Qu’ils partent !

La Presse — La commission relevant de l’ARP chargée d’étudier une future loi des structures sportives a entendu, entre autres, Ali Abbes, expert en droit du sport, qui a présenté une série d’observations juridiques concernant plusieurs articles de la proposition de loi. Il a estimé que l’article relatif à la limitation des mandats constitue le cœur de la réforme sportive, soulignant la nécessité de fixer un plafond maximal pour la présidence des structures sportives, conformément aux normes internationales en vigueur dans le droit du sport. Il a également appelé à ne pas prévoir d’exceptions susceptibles de prolonger l’appartenance à une structure sportive jusqu’à vingt ans, une situation qu’il a jugée inacceptable. En fait, si le sport national va  perdre encore une année, cette question de mandats en est la raison la plus importante. Tous ceux qui occupent un poste de responsabilité sportive tiennent à y rester. A vie peut-être ou jusqu’à ce qu’une catastrophe prouvée les en dévisse. Les conséquences à notre sens se limitent à deux risques principaux.

La première n’est plus ni moins que l’effet de l’usure du pouvoir. En instaurant une manière de gouverner, on risque fort de se transformer en roitelet qui ne sert plus à rien et de consolider  un système qui pourrira la situation et qui perdra, au fil des longues et monotones années de mauvaise gouvernance, cette confiance sans laquelle rien ne pourra se faire sur des bases solides. La seconde consiste à mettre en place un barrage qui interdira aux générations montantes de faire prévaloir leurs droits, à contribuer à l’émancipation de ce sport qui mérite un meilleur sort. Le système actuel mis en place sert les intérêts de  ceux qui sont en place depuis des décades et qui sont convaincus que rien ne pourra se faire sans eux. Et Ali Abbes sait de quoi il parle, étant donné que bien des litiges sont passés entre ses mains et qu’il connaît parfaitement le fond de ce problème de base.

Quelle est donc la solution ? Tout simplement s’inspirer de ce qui se fait au mieux dans le monde pour ne plus perdre de temps. La confusion, qui règne actuellement entre le sport amateur et l’organisation professionnelle d’un certain nombre de disciplines sportives, nous fait perdre un temps précieux. Au point que nous risquons de nous retrouver en queue de peloton, alors que le sport tunisien a été à une certaine époque à l’avant-garde de tout ce qui s’est fait au niveau régional ou continental. Pour ceux qui ne veulent pas partir, on pourrait faire tel qu’a procédé dernièrement Manchester City, qui a organisé une cérémonie d’adieu pour son entraîneur espagnol, Pep Guardiola, après son dernier match à la tête de l’équipe, concluant ainsi un mandat exceptionnel de dix ans durant lequel le club a remporté 20 titres nationaux et continentaux.

Le club a renommé sa tribune nord (North Stand) de l’Etihad Stadium en l’honneur de son entraîneur emblématique Pep Guardiola.. On pourrait coller les portraits de tous ces récalcitrants dans toutes les salles de la fédération ou autres organismes auxquels ils appartiennent. Mais qu’ils partent et soulagent adhérents, public, observateurs et bien d’autres parties prenantes, tout en permettant aux jeunes générations de prendre leurs responsabilités pour sortir le sport national de ce système qui l’étouffe.

Auteur

Kamel GHATTAS

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