Ebola : l’OMS alerte sur une souche actuelle rare et sans vaccin disponible
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu en République Démocratique du Congo (RDC) pour évaluer la crise liée à la dix-septième épidémie d’Ebola dans le pays. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre congolais de la Santé, le chef de l’OMS a alerté sur la dangerosité de la situation en révélant que la souche responsable de cette flambée est la variante rare de Bundibugyo. Cette souche spécifique ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni de traitement homologué, rendant la prise en charge médicale précoce et l’isolement des patients absolument vitaux pour espérer endiguer le virus.
La menace commence déjà à dépasser les frontières africaines et suscite une inquiétude internationale. Les autorités brésiliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête concernant un cas suspect d’Ebola dans l’État de São Paulo. Il s’agit d’un homme ayant récemment séjourné en RDC, actuellement placé à l’isolement dans un hôpital spécialisé. Sur le territoire congolais, le bilan provisoire s’alourdit rapidement. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, fait état de 1 028 cas suspects, dont 225 confirmés, tandis que l’OMS examine de son côté 223 décès suspects parmi les signalements.
Face à ce constat, le patron de l’OMS s’est déplacé à Bunia, la capitale de la province de l’Ituri, où les premiers cas de cette épidémie ont été détectés. Tedros Adhanom Ghebreyesus a fermement exhorté la population locale à se rendre immédiatement dans les centres de soins dès l’apparition des symptômes et à respecter scrupuleusement les protocoles de sépultures sécurisées. Il a rappelé avec insistance que les corps des défunts demeurent hautement contagieux et que les enterrements traditionnels, impliquant des manipulations sans protection, accélèrent de façon dramatique la transmission de la maladie.
Cette intervention directe intervient alors que la riposte sanitaire se heurte à d’importantes tensions sociales sur le terrain. Plusieurs structures de santé ont été la cible d’attaques menées par des familles en colère, déterminées à récupérer les corps de leurs proches pour célébrer des funérailles traditionnelles. Tout en exprimant sa compassion face au deuil des familles, le dirigeant de l’OMS a insisté sur le fait que la modification des rites funéraires reste indispensable pour freiner une épidémie qui figure déjà comme la troisième plus importante de l’histoire du pays depuis la découverte du virus il y a un demi-siècle.



