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Petites et moyennes entreprises : Prévenir plutôt que subir les difficultés financières

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  • 2 juin 2026
  • 4 min de lecture
Petites et moyennes entreprises : Prévenir plutôt que subir les difficultés financières

Aujourd’hui, alors que l’environnement économique est caractérisé par des tensions de trésorerie, des contraintes de financement et une fragilité persistante du tissu entrepreneurial, la question de la restructuration des entreprises s’impose comme un enjeu stratégique.

C’est dans cette optique que l’Association tunisienne pour la promotion de la culture financière (Atcf) et l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATC) ont organisé une journée d’étude dédiée à cette problématique. Ridha Mrabet, ancien P.d.g d’une Sicar régionale, nous donne plus de détails sur cette thématique.

La Presse — La restructuration est encore trop souvent envisagée comme une solution de dernier recours, activée lorsque l’entreprise est déjà en situation critique. Or, selon plusieurs intervenants, les déséquilibres financiers apparaissent bien en amont, souvent dès la phase de création du projet.

En cause, une sous-estimation récurrente des coûts d’investissement initiaux, aggravée par des délais excessifs de mobilisation des financements et par la complexité administrative entourant la mise en œuvre des projets. À cela s’ajoute une coordination insuffisante entre les différents bailleurs de fonds, qui contribue à accentuer les dérives budgétaires.

Dans ce cadre, Ridha Mrabet, ancien P-.d.g d’une Sicar régionale nous a expliqué que ces dysfonctionnements ont des conséquences directes : de nombreux projets peinent à atteindre leur phase d’exploitation dans des conditions optimales. Les dépassements de coûts, combinés à un manque de fonds de roulement, fragilisent la viabilité des entreprises dès leur lancement.

Une divergence d’approche

Dans ce contexte, plusieurs experts plaident pour une approche proactive de la restructuration, intégrant dès le départ des mécanismes d’ajustement financier. Cela suppose, notamment, des injections complémentaires en capital, un rééchelonnement de la dette et une adaptation des échéances de remboursement à la maturité réelle des projets.

L’un des points centraux soulevés lors de cette journée concerne la divergence d’approche entre les financeurs en dette et les investisseurs en capital. Les premiers privilégient la capacité de remboursement à court terme, tandis que les seconds s’inscrivent dans une logique de création de valeur à long terme.

Cette dualité engendre des tensions dans la gouvernance des projets, chaque partie poursuivant des objectifs distincts. Elle est également renforcée par des cadres réglementaires rigides, qui limitent la flexibilité des interventions financières et entravent une gestion adaptée aux réalités économiques des entreprises.

Mrabet a révélé que, malgré un discours largement axé sur l’accompagnement des entreprises, la réalité sur le terrain reste contrastée. Les promoteurs se retrouvent seuls face aux difficultés, confrontés à des exigences administratives lourdes et à un manque de soutien opérationnel. Les institutions financières se concentrent principalement sur le suivi des échéances, tandis que les structures d’appui privilégient des approches formelles et statistiques.

Quant aux investisseurs en capital, bien qu’ils soient théoriquement les plus proches des besoins des entreprises, leur marge de manœuvre demeure limitée par les contraintes réglementaires et les divergences d’intérêts avec les autres acteurs.

Vers une réforme du modèle de financement

Face à ces constats, plusieurs pistes de réforme ont été évoquées. Parmi elles, la nécessité de repenser les instruments de financement, en privilégiant des solutions plus adaptées au cycle de vie des entreprises, notamment en phase de création.

Cela passe par le développement de financements participatifs, l’allongement des maturités des crédits et une révision du cadre réglementaire régissant les sociétés d’investissement (Sicar) et les fonds communs de placement à risque (Fcpr).

En définitive, l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’un suivi rapproché des équilibres financiers dès les premières phases des projets sera importante pour régler la situation.

L’anticipation des difficultés permettrait non seulement de réduire les coûts liés aux restructurations tardives, mais aussi d’augmenter les chances de succès des investissements.

Car, au-delà du simple financement, l’enjeu est clair : il ne suffit plus de créer des entreprises, il faut désormais assurer leur pérennité, a conclu Ridha Mrabet.

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Auteur

Sabrine AHMED

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