La Tunisie génère environ 88 000 tonnes d’huiles alimentaires usagées par an. Actuellement, près de 40 000 tonnes sont collectées auprès des professionnels. Face à ce constat, l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGed) affiche une ambition claire : faire grimper le taux global de collecte et de valorisation à 80 %, contre 45 % aujourd’hui.
Ce défi a été au cœur d’un atelier de travail organisé par l’ANGed, dédié à la filière de valorisation de ces huiles. Le directeur général de l’agence, Badreddine Lasmar, a précisé qu’environ 10 000 tonnes de ces huiles sont exportées chaque année après avoir subi un traitement primaire.
Si la gestion des flux s’avère simple avec les grands producteurs comme les restaurants, les hôtels ou les casernes, la collecte auprès des ménages reste le principal point noir du secteur. Pour pallier cette difficulté, l’ANGed mise sur l’implication accrue des municipalités et le déploiement de programmes de sensibilisation afin d’ancrer une véritable culture de citoyenneté environnementale.
L’événement a également servi de plateforme pour finaliser le futur texte réglementaire qui encadrera strictement la gestion de ces déchets. En parallèle, l’agence s’active à soutenir la création de micro-entreprises spécialisées dans la collecte, la valorisation et le recyclage, tout en renforçant les sessions de formation.
Le secteur privé et la société civile apportent déjà des solutions technologiques et concrètes. Mounir Belzerga, enseignant universitaire et activiste environnemental, a présenté le projet de biocarburant « Biodex », lancé dès 2009. Intégré au système « Valo Zit » de l’ANGed, ce projet transforme une nuisance environnementale en opportunité économique. Grâce à une application mobile, les citoyens signalent leurs stocks d’huiles usagées en échange de points de fidélité, avant que des équipes ne passent récupérer la marchandise contre des produits de nettoyage.


