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Séoul, Pékin et Tokyo : Nouveaux partenaires, nouveaux horizons

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  • 4 juin 2026
  • 6 min de lecture
Séoul, Pékin et Tokyo : Nouveaux partenaires, nouveaux horizons

Sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, la Tunisie trace une nouvelle route vers l’Asie, transformant sa diplomatie en levier économique.
De Séoul à Pékin, en passant par Tokyo, Carthage multiplie les ouvertures stratégiques pour inscrire ses exportations et ses projets dans les grandes chaînes de valeur asiatiques. Cette politique audacieuse vise à faire de Tunis une plateforme incontournable entre l’Afrique et l’Asie, où se croisent investissements, technologies et souveraineté retrouvée.

La Presse — La participation du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, sur instructions du Président de la République, Kaïs Saïed, à la deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères des pays africains et de la République de Corée (Séoul, 1er et 2 juin 2026) traduit la volonté infléchissable de Carthage de diversifier ses partenariats internationaux au-delà des alliés traditionnels, tout en concrétisant de nouveaux programmes de coopération stratégique.

Ce tournant qui s’est davantage  concrétisé depuis le 25 juillet 2021 montre bien que la Tunisie ne veut plus se contenter de gérer passivement ses alliances historiques. Le chef de la diplomatie tunisienne  a par ailleurs invité ses interlocuteurs coréens à prendre part au prochain Forum international de l’investissement prévu en Tunisie les 25 et 26 juin 2026, insistant sur les opportunités offertes par le marché tunisien.

Tunis choisit ainsi l’ouverture et la diversification. Mais derrière cette diplomatie, une ambition claire qui consiste à bâtir des partenariats d’égal à égal, fondés sur le respect mutuel, et à s’affranchir de certains mécanismes financiers traditionnels, dont les conditions strictes sont trop souvent perçues et vécues au Sud comme un “diktat” qui pèse lourdement sur la souveraineté nationale.

Une dynamique tuniso-asiatique 

La participation tunisienne à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad 9)  en 2025 , ainsi que  la visite d’État de Kaïs Saïed à Pékin en mai 2024 et la diversification des exportations tunisiennes vers le marché asiatique  ne font que confirmer cette nouvelle orientation. 

Sur le terrain, cette stratégie commence déjà à porter ses fruits. Une opportunité majeure vient tout juste de se concrétiser du côté de Pékin. En effet, depuis mai 2026, la Chine a ouvert grand ses portes en accordant une exonération totale de droits de douane à 53 pays africains, dont la Tunisie. Pour nos exportateurs, particulièrement dans le secteur agroalimentaire, c’est un accès direct et gratuit à un marché de plus d’un milliard de consommateurs qui s’ouvre pour les deux prochaines années.

Cette mesure, qui ne concernait à l’origine que les pays les moins avancés du continent fin 2024, a été élargie par le président chinois Xi Jinping pour sceller un véritable pacte économique avec l’Afrique. Ce geste fort prouve l’intérêt grandissant des géants asiatiques pour le continent africain, et conforte surtout la Tunisie dans son ambition de devenir la plaque tournante incontournable des échanges et des investissements entre l’Afrique et l’Asie.

Faisant écho aux recommandations du Président de la République et aux orientations de la politique étrangère tunisienne, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a appelé, à l’occasion de la réunion ministérielle Afrique–Corée tenue le 1er juin 2026 à Séoul, à renforcer le partenariat afro-coréen afin de relever les défis internationaux actuels, marqués par l’aggravation des crises sécuritaires, humanitaires et climatiques.

Il a insisté sur une coopération fondée sur l’égalité, le respect mutuel et les intérêts communs, axée sur le transfert de technologies, les transitions numérique et écologique, ainsi que le développement des infrastructures et de la sécurité alimentaire et énergétique.

Nafti  a également appelé à un meilleur accès des produits africains au marché coréen et à un renforcement des investissements coréens en Afrique. Il a mis en exergue les atouts de la Tunisie comme plateforme régionale reliant les marchés africains, méditerranéens et européens, tout en réaffirmant la volonté de développer des projets de coopération triangulaire entre la Tunisie, la Corée et les pays africains.

Une coopération tuniso-coréenne élargie vers l’innovation et les industries d’avenir en Afrique

En marge d’une série de rencontres à Séoul, Mohamed Ali Nafti a exploré de nouvelles pistes de coopération avec les partenaires coréens dans des secteurs stratégiques tels que la numérisation, l’intelligence artificielle, la santé et les industries pharmaceutiques. Les échanges ont notamment mis en avant la création d’une plateforme tuniso-coréano-africaine dédiée aux biotechnologies et le développement de projets conjoints destinés au continent africain.

Lors du Forum d’Affaires Corée-Afrique, la Tunisie a présenté sa vision d’un partenariat axé sur la transition énergétique, la valorisation industrielle des ressources africaines et le développement de chaînes de valeur à forte valeur ajoutée, en s’appuyant sur des projets structurants comme le Plan solaire tunisien et l’interconnexion électrique Elmed. Notre pays ambitionne de se positionner comme une plateforme régionale reliant les investissements et technologies coréens au marché africain.

Les discussions ont également débouché sur des avancées concrètes avec les autorités coréennes et la Koica, notamment dans la gouvernance électronique, l’agriculture intelligente, la formation et la santé numérique. Plusieurs projets structurants sont en cours de consolidation, dont un centre d’excellence dédié aux marchés publics électroniques, confirmant le rôle de la Tunisie comme hub régional de coopération technologique et économique vers l’Afrique.

Enfin, pour transformer durablement ce pari asiatique en résultats concrets, notre pays devra accélérer ses réformes internes et renforcer son attractivité. Une condition essentielle pour faire de ces engagements internationaux des projets tangibles, générateurs d’investissements, d’industries et d’emplois sur le terrain. 

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Auteur

Samir DRIDI

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