“130 nappes phréatiques sont contaminées” : l’alerte choc d’un expert
A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement fêtée chaque 5 Juin, l’expert environnemental Mohamed Adel Hentati a dénoncé nombre de pratiques industrielles à l’origine de grands dommages aussi bien sur l’environnement que sur la santé humaine.
Intervenant ce vendredi 5 juin 2026 au micro de Jawhara FM, l’expert international en environnement et développement durable, Mohamed Adel Hentati, a révélé que plusieurs indicateurs confirment que la pollution environnementale a, hélas, gagné du terrain en Tunisie. Il a toutefois indiqué que les effets polluants ne se valent pas. Il a indiqué qu’un amas de déchets ménagers, par exemple, n’est pas aussi menaçant que les déchets industriels souvent chimiques.
Les dangers des déchets industriels
L’expert a, en effet, indiqué que la classification des sources de pollution se fait toujours selon le niveau de dangerosité et non pas selon la quantité des déchets. Il a précisé dans ce sens que c’est la pollution industrielle qui demeure en tête du classement des pollutions dangereuses indiquant que tout autre déchet se classe bien loin derrière.
“Nous avons toujours appelé à la nécessité de faire des études sur les répercussions des déchets industriels avant même de commencer une quelconque activité. D’ailleurs nous ne devons encourager que les entreprises qui respectent pernicieusement l’environnement et ne produisent donc pas de déchets industriels nuisibles. C’est-à-dire des déchets qui ne polluent ni l’eau, ni l’air ni la terre”, a-t-il laissé entendre. Et d’ajouter que sous formes de déchets réels, de liquide ou de fumée, la pollution industrielle cause des dommages à l’air que nous respirons, à l’eau qu’hommes et animaux boivent et à la terre dans laquelle on cultive nos aliments végétaux et qui sert de nourriture à l’humain et à l’animal.
La moitié de nos nappes phréatiques sont polluées !
Il a indiqué dans ce sens que des études faites durant la décennie écoulée ont noté que la Tunisie possède 264 nappes phréatiques superficielles sauf que 130 nappes ne sont pas utilisables parce qu’elles sont hélas contaminées par des matières chimiques. “Ces 130 nappes contiennent un grand pourcentage de pollution chimique. Elles sont donc insalubres. Et les informations publiées à leur propos par le ministère de l’Agriculture indiquent que ces nappes se trouvent aux environs des grandes villes tunisiennes. Ceci amène à un seul constat : c’est bien au niveau des grandes villes que se trouvent les plus grandes sources polluantes lesquelles polluent l’eau et la rendent inutilisable et non pas dans les campagnes par exemple”, constate-t-il.
De l’usine à l’eau et de l’eau à la nature !
L’intervenant a toutefois laissé entendre que cette eau contaminée pourrait s’infiltrer dans la terre et par ricochet contaminer les plantations. Elle pourrait aussi être utilisée par des animaux dans la nature, des particuliers non avertis où en irrigation. Ceci se retentira directement sur l’utilisateur de cette eau et rendra toute plantation irriguée avec cette eau polluée, impropre à la consommation, voire toxique.
Le spécialiste a cependant indiqué que ce constat ne veut pas dire qu’il faut interdire les activités industrielles, loin de là. Mais il a insisté sur le devoir que les industriels appliquent des solutions à même de protéger l’environnement. Et ce, en optant pour les techniques industrielles non polluantes. D’ailleurs, indique-t-il, la Tunisie a créé depuis les années 90, un Fond de lutte contre la pollution qui donne des dons aux industriels qui optent pour des techniques non polluantes à côté de bien d’autres privilèges. Sauf que peu d’industriels répondent hélas à cet appel. Il a d’ailleurs conclu en indiquant que la prolifération des insectes et des reptiles, notamment les moustiques, demeurent un fort indicateur que le pays souffre bel et bien de pollution !



