Bac 2026 : Entre surveillance renforcée et fraude persistante
Nonobstant les mesures prises par le ministère de l’Éducation dans le cadre de la lutte contre la fraude aux épreuves écrites de la session principale du baccalauréat, qui se déroulent du 3 au 10 juin 2026, ainsi que les mises en garde répétées adressées aux candidats, des tentatives de triche ont été signalées dès le premier jour des examens. Une situation qui ne constitue guère une surprise, dans la mesure où les méthodes de fraude évoluent continuellement au rythme des avancées technologiques, rendant leur détection de plus en plus complexe.
La Presse — Le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, avait pourtant assuré lors d’une conférence de presse tenue ce lundi que son département et l’ensemble des structures concernées sont entièrement prêts, sur les plans organisationnel et logistique, pour le lancement des épreuves du baccalauréat. Il a exprimé sa confiance quant au bon déroulement de la session et souligné par la même occasion la détermination du ministère à lutter de la manière la plus rigoureuse contre les tentatives de tricherie, indiquant que plusieurs réseaux de fraude ont été démantelés et neutralisés dans la période précédant les examens.
Toutefois, comme le dit un adage bien connu chez nous, «le voleur triomphe du veilleur». Sans ériger cette citation en vérité absolue, force est de constater que les fraudeurs parviennent parfois à déjouer les dispositifs de contrôle. Mais, une autre réalité s’impose tout aussi souvent. En effet, tôt ou tard, la fraude finit par être démasquée. Les premières épreuves du baccalauréat en ont fourni une nouvelle illustration, quelques candidats ayant été surpris en flagrant délit de triche dès le premier jour de l’examen.
Dans ce contexte, les unités sécuritaires, qui sont à pied d’œuvre depuis des mois, sont parvenues, lundi 2 juin, à démanteler à Sousse un réseau criminel bien organisé, spécialisé dans la commercialisation de dispositifs électroniques destinés à la fraude aux examens du baccalauréat. L’opération a conduit à l’arrestation de cinq individus, parmi lesquels figuraient deux candidats au baccalauréat. Les agents ont également saisi plusieurs oreillettes électroniques acheminées depuis le gouvernorat de Monastir.
Cette opération intervient quelques semaines après le démantèlement, à la fin du mois d’avril dernier, d’un réseau de malfaiteurs qui exploitait des pages et des comptes sur les réseaux sociaux pour promouvoir des méthodes de fraude destinées à être utilisées lors de l’examen du baccalauréat, selon les services du ministère de l’Intérieur.
Les investigations menées dans cette même affaire ont aussi permis de mettre au jour un second groupe organisé, spécialisé dans la commercialisation de dispositifs et d’équipements conçus pour faciliter la triche lors des examens et des concours nationaux.
Sur les réseaux sociaux, une vidéo publiée par une enseignante et devenue rapidement virale en raison de sa gravité montre que le sujet de philosophie (section Lettres) aurait fuité seulement quelques minutes après le début de l’épreuve! Un réel coup dur qui remet en question les préparatifs et les mesures annoncés en termes d’efficacité.
Certes, de telles fuites sont préjudiciables à plus d’un titre, dans la mesure où elles sont susceptibles de porter atteinte à l’intégrité et à la crédibilité de l’examen. Toutefois, il n’y a pas lieu de céder à l’alarmisme. Les autorités compétentes ont rapidement réagi en renforçant, dès le deuxième jour des épreuves, les opérations de brouillage aux abords des établissements accueillant les candidats au baccalauréat.
Ces mesures ont entraîné des perturbations d’Internet dans plusieurs régions, affectant l’accès aux réseaux sociaux comme WhatsApp et Messenger.
De son côté, le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, a effectué, hier matin, une visite d’inspection dans deux centres d’examen dans le gouvernorat de l’Ariana, afin de s’enquérir du déroulement de la deuxième journée du baccalauréat. Il a, à cette occasion, réitéré l’engagement du ministère à réunir toutes les conditions nécessaires pour garantir le bon déroulement de cette échéance nationale.
Rappelons que le ministère de l’Éducation a averti les candidats à l’examen du baccalauréat des sanctions sévères encourues en cas de tentative ou de fraude avérée, y compris l’introduction d’appareils électroniques ou de moyens de communication dans les centres d’examen.
La Direction générale des examens du ministère a précisé que les sanctions peuvent aller de l’exclusion immédiate de l’épreuve jusqu’à l’annulation de la session, ainsi que l’interdiction de s’inscrire à l’examen du baccalauréat pendant plusieurs années. Elles peuvent également inclure l’exclusion des établissements publics pour les candidats issus des lycées publics et privés.
Le ministère de l’Éducation a, par ailleurs, indiqué que toute tentative de fraude, tout comportement répréhensible ou la combinaison des deux, expose le candidat à une interdiction d’inscription pour une période comprise entre un et cinq ans, selon la gravité de l’infraction, avec la possibilité de poursuites judiciaires le cas échéant, notamment pour les candidats individuels.
Mais, en définitive, la persistance des tentatives de fraude met surtout en évidence la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation auprès des élèves, tout en adaptant régulièrement les mécanismes de contrôle aux nouvelles formes de tricherie.
En 2025, 647 cas de fraude ont été recensés contre 821 en 2024.



