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L’Anme, 40 ans déjà : Des réalisations et des ambitions

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  • 5 juin 2026
  • 4 min de lecture
L’Anme, 40 ans déjà : Des réalisations et des ambitions

L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (Anme) vient de souffler sa 40e bougie, avec à son actif des acquis engrangés au fil des ans, fruit d’efforts investis dans la restauration de son image et la restructuration de ses objectifs, à l’aune des défis tant économiques que climatiques.

La Presse — 40 ans déjà, place, aujourd’hui, au bilan. Ainsi, l’évaluation de son parcours jalonné de difficultés a bien valu la messe, lors d’un récent congrès national de la transition énergétique, tenu à Tunis, réunissant, pendant deux jours, un aréopage d’officiels, de décideurs et d’experts en la matière. Le thème choisi était, lui-même, l’objectif d’une stratégie nationale globale visant une transition énergétique juste, durable et innovante.

L’économie d’énergie, un cheval de bataille

En fait, cette stratégie vise, chiffres à l’appui, à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique tunisien à l’orée 2030, s’élevant l’année dernière à hauteur de 6 %. Elle devrait grimper à 9 % avec l’entrée en exploitation de nouvelles centrales pour dépasser 10 % d’ici fin 2026. Ce passage semble obligatoire, dans la mesure où l’on voudrait réduire un déficit énergétique estimé, actuellement, à 65 %. Soit l’investissement dans un gisement solaire et éolien, considéré, jusque-là, comme sous-exploité.

Un tel potentiel auquel l’Etat avait accordé un intérêt tout particulier a donné lieu à la création, en 1985, de l’Anme, dont l’évolution historique intervint suite à un cadre institutionnel et juridique, faisant de l’énergie verte son cheval de bataille. Les premiers pas dans ce secteur ont été, alors, marqués par l’équipement des foyers en milieu rural de l’énergie solaire, la réalisation de l’efficacité énergétique industrielle, l’introduction de l’audit énergétique pour aborder, au début du nouveau millénaire, l’étape des énergies renouvelables. Face à des défis économiques et climatiques émergents, il était alors question d’adopter une stratégie nationale de transition énergétique, doublée d’un fonds de transition énergétique et de partenaires stratégiques.

Ce conclave techno-professionnel, faut-il le dire, a permis de faire un arrêt sur les réalités et les perspectives du secteur énergétique, à même de tracer ses contours à l’horizon 2030-2035 jusqu’à 2050. D’ici là, l’Anme s’engage à mettre le cap sur de nouveaux modes de production et de consommation d’énergie, déterminée à atteindre la souveraineté énergétique du pays. Cela dépendra, certes, des choix structurels pour lesquels opter et des chantiers à prioriser, à savoir la décarbonation de l’industrie, la valorisation énergétique des déchets, le développement de la mobilité durable et l’électrification des usages.

Le photovoltaïque comme alternative

Ce faisant, le recours aux technologies à haute valeur ajoutée s’avère aussi de mise.  Cette démarche évolutive puise dans l’ambition de réduire la dépendance aux énergies fossiles au profit de celles renouvelables. Quatre décennies durant, l’Anme a su se frayer son propre chemin et inculquer au citoyen la culture de l’économie d’énergie.

A force de sensibiliser et de communiquer, elle a pu changer les mentalités et les habitudes de consommation énergétique. Et l’option pour l’énergie solaire avait développé le modèle photovoltaïque et suscité une certaine adhésion au système du mix électrique, combinant électricité et énergie solaire. Certes, la tendance est encore à la baisse, mais la volonté d’avoir une facture Steg zéro est sans appel. Et pour cause ! L’Anme œuvre, dans les cinq années à venir, à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique tunisien.

De son côté, le gouvernement mise sur deux axes majeurs : l’accélération des projets d’énergies renouvelables et le renforcement des programmes d’efficacité énergétique. D’ailleurs, le programme « Prosol Elec » avait alimenté près de 200 foyers en énergie solaire domestique, avec une capacité dépassant 450 mégawatt. Idem pour l’éclairage public suite à des installations photovoltaïques dans nombre de communes. En 2027, l’on procèdera, selon l’Anme, au remplacement de plus de 350 mille points d’éclairage, le but étant de réduire la consommation électrique des communes et d’améliorer le rendement énergétique.

Ceci étant très motivant, mais l’idéal est de transformer ces objectifs en réalité tangible pour relever le défi énergétique en Tunisie, dans un contexte économique et énergétique en crise d’alternatives. Surtout que l’énergie verte exige investissements et financements.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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