Les répercussion positives de l’épisode pluviométrique du 2026 sur l’économie tunisienne
« L’épisode pluviométrique, enregistrée en Tunisie, du 19 au 21 janvier 2026, a engendré des répercussions positives et d’autres négatives sur l’économie tunisienne », c’est ce qui ressort d’une note, publiée récemment par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) sur l’ « Impact économique des événements pluviométriques extrêmes de janvier 2026 : Analyse des dommages et des conséquences économiques « .
La Tunisie a connu durant la période du 19 au 21 janvier 2026, un épisode pluvieux intense ayant affecté le Nord-Est et le Centre-Est du pays, avec une forte concentration des précipitations dans les régions côtières, particulièrement exposées aux flux humides en provenance de la Méditerranée.
Au niveau de plusieurs stations, les quantités de pluies enregistrées ont dépassé le seuil de 200 mm en une seule journée, des valeurs sans commune mesure avec les normales climatiques de janvier. Les anomalies relevées atteignent jusqu’à +597 % à El Hamma et +561 % à Monastir, ce qui signifie que certaines zones ont reçu en 24 heures l’équivalent de plusieurs mois de précipitations.
D’après la note de l’IACE, les précipitations exceptionnelles de janvier 2026 constituent un événement climatique aux effets contrastés, puisque bien qu’elles aient favorisé, d’un côté, une recharge des nappes, une amélioration de l’humidité des sols, une reconstitution partielle des réserves hydriques indispensables à l’irrigation… ; leur violence et leur concentration ont semé des dégâts considérables dans certaines régions, submergeant des cultures, endommageant des infrastructures agricoles et compromettant des récoltes en cours.
Au niveau de l’agriculture, les précipitations de janvier 2026 ont représenté une opportunité pour un secteur qui souffrait depuis plusieurs années d’un déficit hydrique chronique, d’autant plus qu’elles ont survenues en pleine campagne agricole.
Les cultures céréalières, fourragères et arboricoles, ainsi que les parcours naturels, ont bénéficié d’un apport d’eau décisif à un moment critique de leur développement. En améliorant l’humidité des sols, en relançant la dynamique végétative et en réduisant les besoins en irrigation, ces pluies devraient se traduire par une amélioration sensible des rendements agricoles pour la saison 2025-2026, avec des effets positifs attendus sur la sécurité alimentaire nationale et une réduction des importations, notamment en blé tendre et en aliments pour bétail.
Au-delà de leurs effets directs sur les cultures, les précipitations de janvier 2026 ont contribué à améliorer significativement, les réserves hydriques du pays. La hausse du niveau de remplissage de plusieurs barrages représente un signal positif pour un pays qui subit depuis des années un stress hydrique structurel, avec des répercussions sur l’approvisionnement en eau potable comme sur les capacités d’irrigation. Les effets les plus spectaculaires ont été enregistrés sur les barrages côtiers du Cap Bon, dont certains ont reçu des apports dépassant largement leurs capacités de stockage. Par ailleurs, ces averses ont contribué à la recharge des nappes phréatiques, une ressource essentielle pour les cultures irriguées.
Toutefois, l’IACE a estimé que « ces pluies avaient laissé des traces profondes sur le tissu économique et social des régions touchées », précisant que « lorsque des volumes d’eau aussi considérables déferlent en quelques heures sur des territoires urbanisés, agricoles et côtiers, les dégâts ne se limitent pas aux infrastructures visibles, mais ils s’inscrivent dans la durée, affectant les moyens de subsistance des populations, perturbant les chaînes d’activité économique et révélant les fragilités structurelles d’un territoire insuffisamment préparé à ce type d’événement extrême ».
En fait, « les fortes pluies ont provoqué des inondations dans certaines zones urbaines et périurbaines, liées à la saturation des sols et à l’insuffisance des systèmes de drainage, ce qui a entraîné la mort de cinq personnes, des dommages aux infrastructures (routes, réseaux d’assainissement), des coûts importants pour les municipalités, et des perturbations économiques locales ».
Dans certaines zones, les précipitations excessives ont également provoqué l’érosion des terres agricoles, des dégâts aux cultures, la détérioration des pistes agricoles, des systèmes de drainage, de certaines installations d’irrigation…, d’où des coûts de réparation significatifs pour les collectivités et les agriculteurs.
Selon le ministère de l’Équipement, les perturbations du mois de janvier ont causé des dégâts sur 128 sites, principalement des routes rurales, dans les gouvernorats de Nabeul, Monastir, Manouba, Ben Arous et Zaghouan.
De son côté, le ministère de l’Agriculture a fait état des interventions nécessaires sur 45 lacs collinaires, des dommages aux ouvrages de conservation des eaux et des sols (banquettes, ouvrages de recharge) sur une superficie de 4 450 ha, des dégâts sur les pistes agricoles sur une longueur de 175 km…
Pour rappel, les cumuls journaliers enregistrés le 20 janvier 2026 révèlent des niveaux de précipitations particulièrement élevés, dépassant localement 150 mm en une seule journée. Les zones les plus affectées se concentrent dans le Grand Tunis, notamment autour de Ben Arous, sur le Nord-Est du gouvernorat de Nabeul, ainsi que sur le Centre Est, dans les régions de Monastir et Sousse.
Le maximum journalier enregistré a atteint 241 mm à la station de Sayada, dans le gouvernorat de Monastir, une valeur particulièrement remarquable au regard des normales climatiques de la région.
Rapportées à la moyenne climatologique du mois de janvier, les précipitations enregistrées font apparaître des anomalies d’une ampleur remarquable. Dans certaines zones côtières, les cumuls observés ont atteint cinq à six fois la moyenne mensuelle habituelle. Les valeurs les plus extrêmes ont été relevées au barrage El Hamma, avec un taux de +597 %, suivi de Monastir (+561 %) et de Sayada (+446 %). En d’autres termes, plusieurs stations ont reçu en une seule journée l’équivalent de plusieurs mois de précipitations, une réalité statistique qui confirme le caractère rare et exceptionnel de cet épisode.



