Les États-Unis étudient la mise en place de nouveaux droits de douane compris entre 10 % et 12,5 % sur les importations en provenance de plus de 60 économies à travers le monde, dans le cadre d’une initiative destinée à lutter contre l’entrée sur le marché américain de produits fabriqués à l’aide de travail forcé.
Selon un rapport publié par le magazine américain Newsweek, le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a rendu publique une liste préliminaire des économies susceptibles d’être concernées par ces mesures. Parmi elles figurent plusieurs grandes puissances économiques, notamment la Chine, l’Union européenne, le Japon, le Royaume-Uni, l’Inde, le Brésil, l’Australie et la Russie.
La liste comprend également de nombreux pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Amérique latine. Du côté arabe, l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc, la Jordanie, l’Irak, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Sultanat d’Oman et les Émirats arabes unis figurent parmi les économies concernées par la proposition américaine.
D’autres pays sont également cités, dont le Canada, le Mexique, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie, l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh, la Thaïlande, le Vietnam, la Turquie, la Suisse, la Norvège, l’Afrique du Sud, le Nigeria et plusieurs États d’Amérique latine.
À ce stade, aucune décision définitive n’a été prise. Les mesures proposées demeurent soumises à une phase de consultation et pourraient encore être modifiées avant leur éventuelle adoption. Washington pourrait notamment ajuster le périmètre des pays visés ou accorder certaines exemptions sectorielles.
L’administration américaine justifie cette initiative par la nécessité de renforcer l’application des restrictions visant les produits fabriqués grâce au travail forcé. Selon les autorités américaines, certains partenaires commerciaux ne mettent pas en œuvre des contrôles suffisamment stricts, ce qui permet à certains producteurs étrangers de bénéficier d’avantages compétitifs liés à des coûts de production plus faibles.
Les experts économiques soulignent toutefois que l’impact de ces droits de douane pourrait dépasser le cadre des relations commerciales internationales. Bien que les mesures ciblent officiellement les exportateurs étrangers, leur coût est généralement supporté en premier lieu par les importateurs américains avant d’être progressivement répercuté sur les distributeurs et les consommateurs.
Les secteurs de l’électronique, du textile et de l’habillement, des biens de consommation courante et des pièces détachées automobiles figurent parmi les plus exposés à d’éventuelles hausses de coûts. L’ampleur des répercussions dépendra notamment du niveau final des droits appliqués ainsi que de la capacité des entreprises à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement ou à relocaliser une partie de leur production.
Si elles sont adoptées, ces nouvelles mesures pourraient contribuer à remodeler certains flux du commerce international et accentuer les tensions commerciales déjà observées entre Washington et plusieurs de ses partenaires économiques.



