La filière des agrumes dans la région de Béni Khalled traverse une situation préoccupante en raison de la dégradation des réseaux de distribution d’eau et des perturbations récurrentes de l’irrigation, a alerté lundi 8 juin 2026 Béchir Aounallah, président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche.
Intervenant ce matin sur Express Fm, il a indiqué que l’état vétuste des infrastructures hydrauliques, dont certaines remontent à plusieurs décennies, est à l’origine d’importantes pertes en eau et d’une baisse de la rentabilité des exploitations agricoles. Selon lui, l’absence de programmes de renouvellement suffisants a aggravé les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs de la région.
Cette situation a eu des répercussions directes sur la campagne agricole en cours. Le manque d’eau d’irrigation, associé aux fortes chaleurs enregistrées ces dernières semaines, a entraîné la chute d’une partie des fruits et une détérioration de leur qualité. Les petits agriculteurs, qui dépendent essentiellement des eaux transférées du Nord, figurent parmi les catégories les plus affectées.
Aounallah a précisé que les préparatifs de la saison d’irrigation avaient été engagés depuis plusieurs mois à travers des réunions de coordination réunissant les différentes parties concernées. Toutefois, les pannes répétées enregistrées sur les réseaux, notamment au niveau de certains groupements de gestion de l’eau, ont perturbé la distribution et compromis la régularité de l’approvisionnement, malgré les opérations de maintenance menées en collaboration avec les structures régionales et les groupements de développement agricole.
Le responsable a rappelé que la filière des agrumes constitue un secteur stratégique pour l’économie régionale et nationale. Outre son rôle dans la production agricole, elle contribue à la création d’emplois et à l’activité économique dans plusieurs régions du Cap Bon. Il a estimé que les difficultés actuelles menacent la pérennité de cette filière et risquent d’affecter à terme la sécurité alimentaire ainsi que les capacités exportatrices du pays.
Face à cette situation, le président de l’Union locale de l’agriculture de Béni Khalled a plaidé pour l’adoption d’une nouvelle approche fondée sur une rénovation en profondeur des réseaux d’irrigation. Il a appelé à la mobilisation de financements exceptionnels permettant de dépasser les interventions ponctuelles qui, selon lui, ne répondent plus à l’ampleur des défaillances techniques observées sur le terrain.
Il a en outre exhorté les autorités à élaborer un plan national de réhabilitation des infrastructures d’irrigation afin de garantir une gestion durable des ressources hydriques et de préserver les intérêts des agriculteurs, notamment dans les zones les plus vulnérables.
Sur un autre plan, Béchir Aounallah a souligné que les agriculteurs tunisiens disposent du savoir-faire nécessaire pour maintenir et développer leur production, à condition de bénéficier d’infrastructures adaptées et d’un accompagnement efficace. Il a considéré que la modernisation des réseaux d’irrigation constitue désormais une priorité stratégique pour préserver la compétitivité de l’agriculture tunisienne et renforcer la sécurité alimentaire du pays.



