Yassine Gouia : “Il faut un écosystème qui relie médecins, startups et investisseurs”
Dans le cadre du The Bridge AI & Healthcare 2026, organisé par l’Organisation nationale des entrepreneurs en partenariat avec l’Association des médecins tunisiens dans le monde, plusieurs acteurs de la santé, de l’innovation et de l’investissement se sont réunis autour des enjeux de la HealthTech tunisienne.
L’événement rassemble environ 250 participants, incluant startups, investisseurs, médecins, experts et compétences tunisiennes établies à l’étranger.
Un incubateur pour structurer l’innovation en santé
Dans une déclaration accordée à La Presse de Tunisie, le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, Yassine Gouia, a souligné la mise en place d’un partenariat visant à structurer un incubateur et accélérateur dédié aux startups de santé.
Ce dispositif a pour objectif d’accompagner les jeunes entreprises tunisiennes du secteur HealthTech, en leur offrant un encadrement spécialisé et un réseau composé de médecins, d’experts et d’investisseurs. Il vise également à renforcer leurs capacités afin de faciliter leur accès aux marchés internationaux et aux financements.
L’événement donne également l’opportunité à 44 startups tunisiennes du secteur de la santé de présenter leurs projets devant des médecins, des business angels et des investisseurs internationaux.
Ces sessions de pitch permettent de favoriser le financement, le networking et l’ouverture vers de nouveaux marchés, notamment à l’international.
Un “bridge” entre diaspora et écosystème local
Selon Yassine Gouia, cette initiative vise à créer un véritable pont entre la diaspora médicale tunisienne et les startups locales, afin de faciliter le transfert d’expertise, l’investissement et l’accès aux marchés mondiaux.
L’objectif est de renforcer la coopération entre compétences tunisiennes à l’étranger et jeunes entrepreneurs installés en Tunisie.
Le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs a également insisté sur la nécessité de promouvoir un “médecin entrepreneur”, capable de combiner pratique médicale, innovation et technologies numériques.
Il a souligné l’importance de renforcer la culture de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé et de favoriser l’émergence de projets innovants et scalables.
Des obstacles structurels à dépasser
Yassine Gouia a reconnu que plusieurs freins persistent, notamment en matière d’investissement, de réglementation et de procédures administratives.
Il a appelé à plus de flexibilité, de coordination entre institutions et de simplification des démarches pour permettre aux startups de se développer plus rapidement.
L’objectif affiché est de permettre aux startups tunisiennes de s’ouvrir davantage aux marchés internationaux, notamment en Afrique et en Europe, en capitalisant sur les compétences locales et la diaspora.
Selon lui, la Tunisie dispose d’un potentiel important grâce à ses talents, ses ingénieurs et ses médecins, mais nécessite un meilleur accompagnement et une meilleure structuration de son écosystème.
Finalement et non moins important, Yassine Gouia a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective entre acteurs publics, institutions financières, législateurs et entrepreneurs afin d’accélérer la transformation du secteur.
L’intelligence artificielle, selon lui, constitue une opportunité majeure pour améliorer l’efficacité du système de santé et renforcer la compétitivité des startups tunisiennes.



