Cette édition célébrera de nouveau « l’excellence musicale dans le cadre exceptionnel qui est l’amphithéâtre d’El Jem, joyau du patrimoine mondial de l’Unesco » avec 10 soirées de haute facture.
La Presse — La conférence de presse de la 39e édition du Festival international de musique symphonique d’El Jem s’est tenue cette année pour la première fois au musée archéologique de la ville. Journalistes, artistes, influenceurs et représentants de la fondation UIB, mécène principal du festival, ont été au rendez-vous le 10 juin. SEM l’Ambassadeur de l’Autriche a également été présent, témoignant de l’intérêt porté à cette manifestation culturelle.
Entre défis et ambitions
Mme moufida Hamza, présidente de la Fondation Arts et Culture à l’UIB, est revenue sur le soutien indéfectible au festival depuis 2018. Cette édition célébrera de nouveau « l’excellence musicale dans le cadre exceptionnel qui est l’amphithéâtre d’El Jem, joyau du patrimoine mondial de l’Unesco ». Mme Hamza a également souligné que la culture est un levier essentiel de développement, de cohésion sociale et de rayonnement international.
M. Mabrouk Laâyouni, directeur du festival, et M. Hichem Aoun, secrétaire général de l’association, sont revenus sur le succès de l’édition précédente, en dépit de plusieurs difficultés.
Cette année encore, des talents tunisiens et des artistes de renommée internationale feront le bonheur des mélomanes à partir du 11 juillet prochain. Le festival, qui conjugue patrimoine, créativité et ouverture sur le monde, accueillera des musiciens de 5 pays : la Tunisie, l’Autriche, la France, l’Italie et l’Espagne. Les défis liés aux financements ont été discutés. Il y a eu 12.000 spectateurs en 2025, avec des concerts à guichets fermés. Les recettes sont en hausse d’année en année. Le budget de cette édition est de 800.000 dinars, en comptant la contribution des sponsors étatiques et du mécène principal. M. Laâyouni a déploré que les entreprises privées considèrent ce festival comme élitiste et ne misent pas sur ce genre d’événements. En parallèle, les prix des billets d’avion et des prestations hôtelières ne cessent d’exploser. Les concerts symphoniques se distinguent en général par leur effectif. Le grand nombre des musiciens alourdit les coûts deproduction.Lesretardsde versements des subventions compliquent davantage l’organisation.
La question du transport des spectateurs a été parmi les points pertinents évoqués. Les bus seront mis à contribution, comme d’habitude et le train sera consacré aux spectacles qui devraient connaître une grande affluence. De nouvelles lignes de bus pourraient être mises en place en cas de forte demande.
La présence d’influenceurs lors de la conférence de presse a suscité des interrogations sur une modification des stratégies de promotion du festival. Même si M. Laâyouni s’est abstenu de préciser qu’ils ont été invités par l’organisation, cette ouverture à de nouveaux outils de communication ne peut être que prometteuse et bénéfique pour cet événement culturel. Elle lui donnera plus de visibilité, comme les followers de ces influenceurs se comptent en centaines de milliers. Un nouveau public peut ainsi être ciblé.
Après avoir finalisé les préparatifs de cette édition, les organisateurs se tourneront vers la prochaine qui fêtera le 40e anniversaire du festival. Ils ont déjà commencé à réfléchir à certains aspects. Un documentaire sera produit, toujours selon M. Laâyouni.
Les questions des journalistes présents ont aussi porté sur I’impact du festival sur la région. M. Laâyouni a expliqué que l’objectif de cette manifestation culturelle va au-delà de la musique. « Nous sommes en train de développer le patrimoine », a-t-il répondu, l’effervescence entourant la conférence en a déjà offert un aperçu concret.
Une ambiance exceptionnelle en marge de la conférence
Avant d’annoncer le programme, le public a applaudi les artistes Wassim Makni à la violoncelle et Mehdi Trabelsi au piano. Ils ont enchanté l’audience avec deux morceaux célèbres : « Élégie » de Fauré et « Hymne à l’amour » d’Edith Piaf.
Tenue au sein du musée archéologique, la conférence a offert une immersion dans l’histoire romaine. Dès le hall d’entrée, des figurants en costumes de soldats ont accueilli les participants. D’autres étaient dispersés parmi ruines, entre le bâtiment du musée et la salle de conférences, donnant l’illusion d’une présence romaine authentique.
Un tableau chorégraphique inspiré du mythe d’Orphée et Eurydice a conquis la foule présente.
Il est extrait d’un spectacle qui sera présenté le mois prochain lors des Journées romaines de Thysdrus. En effet, l’amphithéâtre romain d’El Jem accueille depuis 8 ans une manifestation sur deux jours rythmée par des défilés, reconstitutions et spectacles autour de l’Antiquité romaine. Le texte et la narration portent la signature de Ridha Hfaiedh, la chorégraphie celle de Jilani Chhaider. La musique jouée en direct et en continu sur des instruments antiques a accompagné les échanges dans le hall. Un menu romain a également été offert, avec des recettes romaines, de quoi impressionner davantage les personnes présentes.
Un programme dense et diversifié
Dix soirées sont prévues. Le festival démarrera le 11 juillet avec l’Opéra tunisien Didon et Énée, produit par le Théâtre de l’OpéradeTunis.Cespectacle a déjà fait sa première à la Cité de la Culture et a été fortement applaudi par le public et les critiques.
Le 15 juillet, le public aura rendez-vous avec Dorsaf Hamdani et l’Orchestre symphonique de Sousse pour des « Tarabiat symphoniques ». M. Mabrouk Laâyouni a rappelé que le Festival international de musique symphonique d’El Jem collabore régulièrement avec les conservatoires et les instituts de musique.
Le spectacle « Colores de España » du 18 juillet sera assuré par la Camerata de Barcelone.
La soirée du 24 juillet sera dédiée aux chants d’exil avec l’Orchestre l’Orphéon. La première partie rendra hommage à l’artiste libanais Marcel Khalifé, en jouant sa composition « Concerto Al Andalus ».
La deuxième partie sera portée par Mehdi Haddjeri Band, la Cité des Marmots du 93 et Ouled El Jem.
L’Orchestre l’Orphéon assurera un deuxième spectacle le 25 juillet, avec au programme Le Boléro de Ravel et Shéhérazade de Rimski-Korsakov.
Le 1er août, l’amphithéâtre d’El Jem accueillera de nouveau l’Orchestre du Bal de l’Opéra de Vienne.
La formation musicale italienne Oida sera présente le 6 août pour une soirée de musique de films et le 8 août pour « Naples dans la Méditerranée » portant sur les plus belles chansons de Naples.
Le 12 août, l’Orchestre Symphonique de Carthage sera sur scène, dirigé par le maestro Hafedh Makni. Enfin, pour la clôture, le 15 août, l’artiste autrichien Yuri Revich sera de retour avec The Sound.
Avec un tel programme, une visite d’El Jem s’impose profiter d’une musique de qualité et de la beauté exceptionnelle du site qui sublimera les notes.





