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Petites et moyennes entreprises : L’urgence d’une réforme

  • 12 juin 2026
  • 4 min de lecture
Petites et moyennes entreprises : L’urgence d’une réforme

Les petites et moyennes entreprises connaissent, selon les derniers rapports, un malaise profond et généralisé. On parle ainsi d’asphyxie financière, de contraintes administratives, de concurrence déloyale et de perspectives incertaines.
Un tableau assez «triste» qui nécessite des réactions urgentes et surtout une réforme approfondie.

La Presse —Décidément, le cumul des dettes, tout comme les pénalités de retard, continuent à enfoncer encore plus les entreprises tunisiennes dans les difficultés et les empêchent de trouver la dynamique nécessaire pour se relancer dans un cycle de croissance soutenue.

Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, se sont les PME, le noyau dur de notre économie avec plus de 80% du tissu industriel, qui en souffrent  le plus.

Et ce sont les mêmes contraintes qui pèsent, toujours, lourdement et qui risquent— sauf une intervention urgente— de rendre le climat beaucoup plus tendu tout au long de la prochaine étape.

En effet, en plus du problème de baisse de régime et de rentabilité, faute d’investissement, nos entreprises connaissent, selon les observateurs, une véritable asphyxie fiscale qui a fini par causer une pénurie de liquidités et, même, par assécher totalement certaines unités, qui se retrouvent, dans la majorité, dans  une situation de cessation de paiement de leurs charges.

Il faut reconnaître, sur ce point, que le comportement des banques a aggravé la situation. Justement, nos institutions bancaires, autrefois souples, se montrent, désormais, trop prudentes et surtout très exigeantes, et cela a fini par créer un réel blocage financier au niveau du tissu entrepreneurial. Les dernières statistiques relèvent justement que environ 43% seulement des PME ont accès à un prêt. Trop timide pour aider une économie en plein chantier de reconstitution et de redressement.

Selon les analystes, les réserves du secteur bancaire ne sont  pas gratuites, surtout que depuis quelques années, le secteur est appelé à financer massivement le budget de l’Etat, déviant ainsi de sa principale mission relative au financement du développement.

Et on peut dire que les dispositions entreprises jusque-là pour aider cette catégorie d’entreprises semblent encore peu efficaces. On pense surtout à l’article additionnel à la loi de finances 2026 qui a été dicté par le souci de soulager les PME à travers des mesures exceptionnelles destinées aux unités «fragilisées par une conjoncture difficile ou encore contraintes à interrompre provisoirement leurs activités».

Mais une telle disposition tarde à prouver son efficacité en raison, peut-être bien, comme le soutiennent certains experts, de contraintes administratives ou de suivi.

De son côté, la disposition restrictive retenue par la Banque centrale de Tunisie pour relancer le financement des PME, en imposant aux importateurs de biens qualifiés de non prioritaires de se limiter à leurs fonds propres pour payer leurs transactions semble disproportionnée par rapport aux enjeux réels, comme le retient Aram Belhaj dans une déclaration à une radio locale.

Un malaise généralisé

Pour lui, la situation est beaucoup plus profonde,  et «elle ne concerne pas seulement le crédit bancaire, elle le dépasse largement». Il reconnaît, en fait, que le paysage entrepreneurial a besoin de toute une réforme approfondie en mesure de soigner l’environnement des affaires, notamment en termes d’allègement des contraintes administratives et l’éradication définitive de la corruption ou encore du favoritisme.

Par ailleurs, la réforme devrait chercher à apporter des réponses concrètes et positives au marché parallèle qui ne cesse de pénaliser, sérieusement, non seulement le paysage entrepreneurial mais aussi et surtout le marché économique et financier dans son ensemble.

Cela est d’autant plus irréversible que l’expansion assez rapide du circuit informel et la multiplication des filières de contrebande sont en train de détruire progressivement le secteur structuré et de sanctionner le système productif.

Il est clair donc qu’il y a urgence, et cela justifie, d’ailleurs, l’appel lancé, le 2 juin, par la Fédération  tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (Ftapme), au Chef de l’Etat pour sauver les entreprises en difficulté.

Le tableau dressé par la fédération est, à la fois, sombre et alarmant. On parle d’un état grave et  d’asphyxie générale et surtout d’un «malaise profond qui menace le secteur productif».

Auteur

Anis SOUADI

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