Tensions géopolitiques et incertitudes commerciales internationales : Les voies de la résilience économique
Le Président de la République ne cesse de prôner une politique diplomatique dynamique et souveraine, tout en donnant leur pleine mesure à l’unité, à l’engagement et à la vigilance.
C’est que pour le Chef de l’Etat, les perturbations géopolitiques assez fréquentes, les incertitudes internationales et la volatilité du marché économique mondial impliquent, aujourd’hui, une large capacité d’anticipation et de réactivité. Deux facteurs essentiels pour bien analyser la situation, bien déterminer l’ampleur de chaque nouvelle tendance, identifier les priorités et y mettre le scénario de riposte adéquat.
La Presse — depuis quelque temps, les instances internationales économiques et financières internationales se retrouvent, à chaque fois, contraintes de revoir leurs projections à la baisse, tirer la sonnette d’alarme et multiplier, ainsi, les directives.
Ainsi, dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié le 11 juin dernier, la Banque mondiale met en garde contre le plus important ralentissement économique depuis la pandémie de Covid-19, prévoyant, du coup, une progression limitée à 2,5% seulement en 2026 contre 2,9% en 2025.
Ces projections reposent, selon le rapport, sur un environnement mondial totalement incertain, des investissements beaucoup plus prudents et toujours à la baisse et des politiques commerciales assez complexes. Mais, c’est surtout le conflit au Moyen-Orient et le risque de son aggravation qui semblent peser lourdement dans la balance.
Ce qui est encore plus grave, retient le rapport, c’est que plus « des deux tiers des économies mondiales sont concernés par cette révision à la baisse ».
Et notre économie nationale en fait, bien entendu, partie. D’ailleurs, les dernières statistiques aussi bien de l’Institut national de la statistique, ou encore des structures spécialisées en font état. On reconnaît, en effet, que l’association de tous ces facteurs a fini par affecter certains de nos fondamentaux économiques. L’Institut arabe des chefs d’entreprises (Iace) parle ainsi d’impact qui « se traduit principalement par une forte inflation importée, une envolée de la facture énergétique et un alourdissement du déficit budgétaire ».
Et c’est surtout le déficit commercial qui se retrouve, « malgré la progression de nos exportations durant les cinq premiers mois de 2026, de plus en plus, sous pression ». Les statistiques récentes confirment que le déficit commercial s’est aggravé de 24,5% par rapport à la même période de l’année précédente, dépassant ainsi la barre des 10 milliards de dinars.
Un déficit qui risque d’impacter sérieusement nos finances publiques alors qu’elles suivaient une tendance d’équilibrage.
Phosphate : l’urgence d’un redressement
Toutefois, malgré la complexité de la conjoncture, la Tunisie dispose de bonnes cartes pour redresser la situation. Il est nécessaire, d’abord, d’améliorer nos exportations, notamment au niveau de certaines branches qui n’arrivent toujours pas à bien se comporter sur les marchés internationaux. On pense, en particulier au secteur des mines, phosphates et dérivés qui, en dépit de l’importance de leur potentiel, affichent des performances en deçà de l’escompte avec une régression de 31,8% par comparaison aux cinq premiers mois de 2025.
Cette baisse est due, essentiellement, aux fortes perturbations au niveau de l’extraction nationale de phosphate brut qui s’est située aux alentours de trois millions de tonnes alors qu’elle était de 8 millions en 2010.
De son côté, le vieillissement du réseau de transport, affirment certains rapports « a freiné fortement l’acheminement du brut vers les usines de lavage et de transformation », ce qui a permis à nos concurrents, tels que le Maroc ou la Chine, qui disposent d’infrastructure ultramoderne, d’élargir leurs parts de marché à l’international.
Autant donc de défaillances sérieuses qui méritent des corrections rapides et sérieuses.
Et c’est, d’ailleurs, tout à fait logique que le Chef de l’Etat insiste régulièrement sur la relance de la production de phosphate, qu’il qualifie « de levier fondamental pour l’économie nationale et la souveraineté financière du pays ».
Mieux encore, le Président de la République a ordonné, à la faveur d’une stratégie de développement bien réfléchie, de restaurer le secteur et de dépasser les anciens rythmes historiques avec l’objectif d’atteindre le cap de 14 millions de tonnes par an d’ici à 2030.
Cette relance devrait concerner d’autres activités qui, autrefois stratégiques, connaissent présentement une baisse de régime inquiétante. C’est le cas du textile-habillement et cuir dont les exportations ont chuté de 6,2%. Un résultat indigne d’une branche qui assurait, quelques années auparavant, environ 50% du total des industries manufacturières nationales.
En plus de cette question commerciale, l’amélioration de la résilience de l’économie tunisienne suppose, également, comme le relève le rapport de la BM de renforcer davantage les réformes structurelles, soutenir les investissements productifs et bien capitaliser sur la coopération internationale. Des orientations indispensables pour un retour rapide à une croissance soutenue.



