Tenue durant trois jours, la 15e édition du Salon des projets d’habitation, de financement et d’équipement (PRO- Immo 2026), ouverte, jeudi dernier, au Palais des congrès à Tunis, s’est achevée hier. Lancé en 2012, cet événement professionnel, organisé à l’initiative du Ctfexpo, est devenu depuis un rendez-vous annuel dédié au secteur de l’habitat.
La Presse — Au fil du temps, le marché immobilier s‘est vu alors influencé par la fluctuation des cours du pétrole et l’envolée des prix des matériaux de construction et des terrains à bâtir. Et pourtant, on en redemande encore, car posséder un logement décent a toujours été un souhait, notamment pour les catégories à faible revenu.
5.000 logements sociaux d’ici à 2030
Sous nos cieux, avoir sa propre maison demeure un long projet de vie qui dépasse, parfois, les capacités d’un individu. L’Etat s’est, déjà, investi dans sa politique d’habitat social, sans pour autant arriver, jusque-là, à satisfaire tous les besoins. Nombreux sont les demandeurs inscrits sur la liste d’attente! «Justement, la 15e édition de ce salon se veut une opportunité aussi renouvelée, réunissant professionnels du secteur (promoteurs publics et privés, investisseurs, institutions de financement, sociétés d’assurances, architectes…), fournisseurs et clients pour leur permettre d’en savoir plus sur les nouveaux projets d’habitation, les coûts et les facilités y relatives», souligne Sami Chamekh, organisateur et directeur général du Ctfexpo.
Il y a lieu de noter que l’Etat s’est engagé, depuis quelques mois, dans une nouvelle politique qui fait de ce dossier social une priorité nationale, visant à construire environ 5.000 logements, avec un coût global estimé à 750 millions de dinars (MD). Et ce, dans le cadre du plan de développement 2026- 2030.
En consécration du rôle social de l’Etat, l’intérêt s’est, particulièrement, porté sur la construction des logements sociaux et à leur cession aux catégories à revenus limités, en réactivant le mécanisme de location-accession ou de vente avec facilités de paiement. L’aménagement des lotissements sociaux semble aussi de mise.
Inaugurant le salon, Salah Zouari, ministre de l’Equipement et de l’Habitat, a, d’emblée, rappelé la portée de ce programme de location-vente dont la 1ère tranche, qui devrait débuter au cours de cette année, prévoit la construction de plus de 1.000 logements répartis dans différentes régions du pays. Ils seront, à vrai dire, bâtis sur des terrains domaniaux cédés à des prix préférentiels, à même de réduire le coût de ces logements et d’alléger pour le citoyen le fardeau financier. Ce qui pourrait aider autant de familles à en profiter. Et bien qu’il y ait une demande accrue de logements, relève le ministre, le taux de satisfaction client est encore faible.
De nouveaux projets d’habitation à la portée
Cela s’explique par le maintien des prix élevés du marché immobilier, face à un pouvoir d’achat dégradé et à des procédures d’octroi de crédits aussi complexes que compliquées. Dans une déclaration aux médias présents, Zouari a exhorté les promoteurs immobiliers privés à contribuer à l’effort national pour fournir des logements qui soient à la portée de toutes les bourses, au profit de toutes les régions. Ce mode d’investissement public-privé serait un fer de lance de nouveaux projets d’habitation en adéquation avec la capacité de remboursement de toutes les catégories sociales dont celles à revenu moyen et limité.
D’autant plus que la révision de nos plans d’aménagement urbain, dont on a beaucoup parlé, gagnerait à fournir de nouvelles réserves foncières destinées à réaliser des projets résidentiels. «Et si l’Etat est disposé à céder une partie de son patrimoine foncier, on pourra satisfaire des demandes supplémentaires et inciter le privé à s’investir dans la construction des logements à des prix préférentiels», ainsi suggère l’organisateur de l’événement.
Il est à rappeler que lors d’un CMR, tenu en mars dernier, sous la présidence de la Cheffe du gouvernement, il a été prévu de «mettre en place une plateforme numérique pour l’enregistrement des demandes de candidature, afin de bénéficier d’un logement et de fixer les listes. Ainsi, le processus d’octroi sera numérisé et basé sur des critères objectifs et clairs pour garantir une transparence totale lors de l’attribution». Cette plateforme tarde encore à voir le jour.



