Location de voitures : le marché noir emploie clandestinement 62 000 véhicules et fait perdre 180 MD par an à l’État
Avec 62 000 véhicules circulant clandestinement hors de tout cadre réglementaire, le secteur informel asphyxie les professionnels légaux du secteur de location des voitures. À l’approche de la haute saison, censée être propice à l’épanouissement du secteur, la Chambre nationale dénonce un marché parallèle grandissant et qui cause un manque à gagner colossal pour les caisses publiques.
C’est un pavé dans la mare que vient de jeter la Chambre nationale des entreprises de location de voitures ! En effet, invité ce lundi matin dans les studios radio Jawhara FM, le président de la structure syndicale, Habib Maâouia, a dévoilé les chiffres chocs du secteur pour l’année 2026. Le constat qu’il a dressé fait état d’un marché parallèle de la location automobile qui prend des propensions alarmantes. Ce marché parallèle, selon l’intervenant, s’avère être une menace sur la survie même des opérateurs en règle.
Selon les données statistiques compilées par la Chambre, pas moins de 62 000 véhicules privés circulent actuellement sur les routes tunisiennes pour de la location clandestine et s’accapare une bonne part du marché. « Ce parc informel écrasant opère en totale infraction avec la législation en vigueur. En contrepartie, les structures professionnelles légales peinent à rivaliser ! Cette concurrence est déloyale et est alimentée par des particuliers et des intermédiaires qui s’affranchissent des charges fiscales et des assurances professionnelles obligatoires pour pouvoir offrir des services à des prix moins chers que ceux proposés par les voies structurées. Il est tout à fait normal que les prix des intrus soient plus bas s’ils ne payent pas des assurances professionnelles et ne payent aucune imposition. De plus ce sont de véritables chasseurs de clients », crie-t-il.
« L’impact de ce fléau économique ne se limite pas aux entreprises du secteur, il s’étend aux finances publiques », ajoute Habib Maâouia. L’intervenant a révélé que ce manque à gagner fiscal et douanier s’élève à plus de 180 millions de dinars par an pour l’État tunisien. « C’est une véritable hémorragie financière ! Et elle s’explique par l’essor de ces flottes privées dissimulées », note-t-il.
Interrogé sur la flambée des tarifs à l’approche des vacances d’été et du retour des Tunisiens résidant à l’étranger, le responsable syndical a tenu à clarifier que les prix de la location automobile ne sont pas administrés en Tunisie. « Le secteur est régi par la loi de l’offre et de la demande, entraînant des variations significatives », a-t-il souligné.
L’intervenant a par ailleurs indiqué que la Tunisie compte 853 agences légales de location de voiture. Il a précisé que 141 d’entre elles ont ouvert leurs portes après l’an 2024, ce qui indique que le secteur fait toujours l’objet d’une demande. Ce secteur, ajoute-t-il, emploie plus de 30 000 personnes que ce soit de façon directe ou indirecte. « La flotte dans le secteur organisé compte, à présent plus de 33 milles voitures destinées à la location de manière légale. Ce chiffre était de 28 000 véhicules en 2024. Ceci indique que nous sommes toujours en train d’investir dans le secteur. Le problème se pose au niveau des intrus qui possèdent des voitures privées et les convertissent en voiture de location ».



