Le plan de développement 2026–2030 validé : rupture annoncée avec les politiques passées
Le Conseil des ministres, réuni lundi 15 juin 2026 au palais du gouvernement à la Kasbah sous la présidence de la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, a examiné plusieurs projets de lois et de décrets, dont le projet de loi relatif à l’approbation du plan de développement 2026–2030.
La réunion s’est tenue sur mandat du président de la République Kaïs Saïed.
Dans son intervention d’ouverture, la cheffe du gouvernement a indiqué que le plan de développement 2026–2030 constitue une étape nationale majeure, marquant une rupture avec les politiques publiques précédentes, lesquelles auraient engendré des déséquilibres sociaux, économiques, environnementaux et institutionnels.
Elle a précisé que ce plan s’inscrit dans les choix nationaux de l’État et vise à garantir une répartition plus équilibrée et plus juste des richesses entre tous les citoyens et citoyennes, conformément aux orientations du président de la République Kaïs Saïed.
La cheffe du gouvernement a également souligné que ce plan a fait l’objet d’un suivi continu et rigoureux du chef de l’État durant toutes les étapes de son élaboration, précisant qu’il repose pour la première fois en Tunisie sur une démarche ascendante. Celle-ci part du niveau local, puis régional, ensuite des districts, pour aboutir au niveau national.
Cette approche a permis de consolider et de coordonner les rapports élaborés par les conseils locaux, les conseils régionaux et les conseils de districts, dans une logique de cohérence avec les politiques économiques et sociales de l’État, tout en respectant l’unité nationale et en visant l’instauration d’un nouveau modèle de développement fondé sur la justice sociale, le développement global, équitable et équilibré, conformément à la vision du président de la République et aux attentes des citoyens.
La cheffe du gouvernement a ajouté que le plan de développement 2026–2030 consacre la dimension sociale comme choix stratégique constant de l’État. Il vise à assurer une intégration économique et sociale globale et équitable, à garantir l’équilibre entre les régions et les districts, et à bâtir une économie forte, résiliente et capable de faire face aux mutations géopolitiques rapides ainsi qu’aux transformations profondes que connaît le monde.
Trois composantes principales du plan de développement
Le Conseil des ministres a ensuite examiné le contenu du projet de loi. Le document du plan de développement 2026–2030 est structuré en trois parties principales, à savoir les orientations générales et les objectifs de développement, le développement territorial et les politiques de développement.
Les rapports des conseils élus ont mis en évidence un ensemble de défis structurels accumulés ainsi que des disparités dans les indicateurs de développement, dans un contexte mondial marqué par des transformations géostratégiques multidimensionnelles, notamment l’accélération du progrès technologique, l’intensification de la concurrence internationale, la volatilité des prix des produits énergétiques, alimentaires et des matières premières, ainsi que les mutations des marchés du travail.
Ces évolutions ont nécessité l’adoption de choix stratégiques capables de transformer les défis en opportunités, afin de garantir la justice du développement, l’intégration de l’ensemble des régions et des catégories sociales dans le cycle économique, la modernisation de la structure de l’économie et le renforcement de sa capacité de résilience.
Sur la base de ces défis, le plan de développement 2026–2030 comprend un ensemble de réformes et de programmes d’investissement reposant sur des orientations majeures visant à assurer la cohérence des politiques de développement et à renforcer l’équilibre entre les exigences de croissance économique, de justice sociale et de développement territorial, tout en consacrant la dimension sociale comme choix stratégique permanent de l’État.
Orientations majeures du plan 2026–2030
Les grandes orientations du plan de développement 2026–2030 se déclinent comme suit :
Il prévoit d’abord la mise en place d’un développement social juste et inclusif, à travers la réduction des taux de pauvreté et de vulnérabilité, le renforcement des systèmes de protection sociale et la garantie de l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à un logement décent.
Il vise ensuite à assurer un développement territorial équilibré et une intégration économique et sociale globale et équitable entre les régions, notamment par la réduction des disparités régionales et le renforcement de l’attractivité des différentes zones du pays.
Le plan prévoit également le renforcement du tissu économique et le développement des infrastructures, à travers le soutien aux secteurs à forte valeur ajoutée, la promotion de l’innovation et de la recherche, l’encouragement de l’investissement, ainsi que la modernisation des ports, des routes et des infrastructures de base.
Il intègre en outre un objectif de sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, ainsi que la préservation d’un environnement sain, à travers une meilleure gestion et une exploitation durable des ressources en eau, le renforcement de l’autonomie énergétique, la réduction de la pollution, la protection de l’environnement et de la biodiversité, ainsi que la modernisation des systèmes agricoles.
Enfin, le plan prévoit la modernisation du cadre institutionnel et l’amélioration de l’efficacité du service public, à travers le renforcement de la performance de l’administration, la modernisation du cadre législatif et réglementaire, ainsi que la réforme des structures et des établissements publics.
Dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs du plan et afin de faire face aux évolutions futures, il a été décidé de mettre en place un système de suivi et d’évaluation périodique des politiques, programmes et projets de développement. Ce dispositif repose sur l’élaboration d’un rapport annuel dans le cadre du budget économique ainsi qu’un rapport d’évaluation à mi-parcours portant sur l’état d’avancement du plan.
Le Conseil des ministres a également examiné plusieurs autres projets de lois et de décrets inscrits à l’ordre du jour. Les travaux ont abouti à des délibérations portant sur le projet de loi relatif à l’approbation du plan de développement 2026–2030 ainsi que sur l’ensemble des projets de textes présentés lors de la réunion.
R.I



