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Aïda Zouari détaille CAP Emploi : un programme de 90 millions d’euros pour l’emploi des jeunes en Tunisie

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  • 16 juin 2026
  • 5 min de lecture
Aïda Zouari détaille CAP Emploi : un programme de 90 millions d’euros pour l’emploi des jeunes en Tunisie

Le programme “CAP Emploi”, mis en œuvre en Tunisie avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), s’impose comme un dispositif structurant visant à transformer les compétences, les initiatives entrepreneuriales et les activités informelles en opportunités économiques durables.

Selon la coordinatrice du programme, Aïda Zouari, cette initiative s’inscrit dans le plan sectoriel 2024-2027 du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et repose sur une articulation renforcée entre formation, insertion professionnelle, entrepreneuriat et formalisation de l’économie.

Un financement de 90 millions d’euros

Dans une interview publiée sur le site officiel de la BAD, Aïda Zouari a précisé que le programme est adossé à un financement de 90 millions d’euros accordé par la BAD dans le cadre d’un prêt signé le 10 septembre 2024, complété par un don de 2,5 millions de dollars de l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa). “Il repose sur une logique de financement axé sur les résultats, les décaissements étant conditionnés à l’atteinte d’indicateurs annuels de performance, ce qui impose un suivi rigoureux et une culture renforcée de l’évaluation et de la redevabilité dans la mise en œuvre”, a-t-elle ajouté.

Structuré autour de trois composantes principales, le programme combine le développement des compétences, l’appui à l’entrepreneuriat et le renforcement institutionnel. La première composante vise à améliorer l’employabilité des demandeurs d’emploi à travers des formations ciblées et des parcours de reconversion alignés sur les besoins réels du marché du travail. La deuxième porte sur l’accompagnement des porteurs de projets, incluant un suivi complet, l’accès à des prêts à taux zéro pour couvrir l’autofinancement ainsi que la mise en place du statut d’auto-entrepreneur. La troisième composante concerne le renforcement des capacités des structures d’exécution et la modernisation des outils de suivi et d’évaluation, avec une adaptation des formations aux secteurs d’avenir.

“Le dispositif cible un large public composé de demandeurs d’emploi, de promoteurs de projets, d’entrepreneurs, de chefs d’entreprise en quête de compétences ainsi que de travailleurs du secteur informel, dans une approche intégrée qui agit simultanément sur l’offre de compétences, la création d’entreprises et la formalisation de l’économie”, a-t-elle assuré.

4 593 bénéficiaires…

Les résultats enregistrés à fin décembre 2025 font état de performances jugées très encourageantes par les responsables du programme. En matière de formation et d’employabilité, 4 593 bénéficiaires ont suivi des formations complémentaires en 2025, dépassant l’objectif initial fixé à 4 000. Les femmes représentent 77 % des bénéficiaires, tandis que le nombre d’entreprises partenaires est passé de 68 en 2024 à 480 en 2025, traduisant une dynamique croissante d’implication du secteur privé.

Concernant l’accompagnement entrepreneurial, Aïda Zouari a aindiqué que les centres d’emploi et de travail indépendant ainsi que les espaces “Entreprendre” relevant de l’ANETI ont assuré l’encadrement de 11 116 porteurs de projets en 2025, alors que la cible initiale était de 4 500. Les femmes y représentent 73 % des bénéficiaires, confirmant leur forte intégration dans le dispositif.

Sur le plan du financement, un accord conclu en mai 2025 avec la Banque tunisienne de solidarité a permis de financer 3 136 projets pour un montant global de 102,06 millions de dinars tunisiens, dont 47,5 % ont bénéficié à des femmes, renforçant ainsi la dimension inclusive du programme.

En matière de formalisation, la plateforme nationale de l’auto-entrepreneur, opérationnelle depuis 2024, a permis la délivrance de 6 558 cartes à fin 2025, dépassant l’objectif annuel fixé à 5 000 intégrations, ce qui témoigne d’une progression significative de la transition vers le secteur formel.

Pour la prochaine phase, les responsables du programme indiquent que l’objectif principal consiste à consolider les acquis des premières années afin de garantir la durabilité de l’impact. Ils soulignent toutefois que le principal défi reste la gestion des délais de traitement face à l’afflux important de demandes, nécessitant une adaptation continue des capacités opérationnelles et une agilité accrue des comités techniques.

“Les priorités futures s’articulent autour de plusieurs axes majeurs. Il est notamment prévu de rapprocher davantage les services d’accompagnement et de financement des jeunes sur l’ensemble du territoire tunisien, en s’appuyant sur le réseau de l’ANETI (BETI et espaces Entreprendre) ainsi que sur les structures de la Banque tunisienne de solidarité, afin de renforcer les dynamiques entrepreneuriales régionales”, a-t-elle expliqué, ajoutant qu’une attention particulière est également accordée à l’inclusion des femmes, déjà fortement représentées dans le programme, avec pour objectif de faciliter davantage leur accès au crédit et de réduire les obstacles socio-économiques persistants.

Sur un autre plan, elle a précisé que le développement et la consolidation du statut d’auto-entrepreneur constituent également une priorité, au-delà de la simple délivrance des cartes, avec un enjeu central lié à la pérennisation des activités, leur intégration dans des chaînes de valeur élargies, ainsi que leur accès à des mécanismes de protection sociale durables.

Finalement et non moins important, Aïda Zouari insiste sur la nécessité de renforcer en permanence les outils de suivi et d’évaluation, afin de garantir que chaque investissement se traduise effectivement par la création d’emplois décents, stables et à forte valeur ajoutée pour l’économie tunisienne

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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