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Economie

Éolien : franchir le cap des 2 GW d’ici 2030 pour réduire la dépendance au gaz importé

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  • 17 juin 2026
  • 3 min de lecture
Éolien : franchir le cap des 2 GW d’ici 2030 pour réduire la dépendance au gaz importé

La Tunisie s’apprête à franchir une étape majeure dans le développement de l’énergie éolienne avec le lancement prévu, à partir de 2026, d’appels d’offres portant sur 2 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de production électrique. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance du pays au gaz importé et à renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

Selon le consultant international en énergie Ezzedine Khalfallah, les capacités éoliennes actuellement installées en Tunisie s’élèvent à 245 mégawatts, répartis entre les parcs de Sidi Daoud, Kchabta et Metline, exploités par la STEG. En 2024, ces installations ont produit 337 gigawattheures d’électricité, permettant d’éviter l’importation d’environ 70 000 tonnes équivalent pétrole de gaz naturel et de réaliser une économie estimée à 60 millions de dinars.

L’expert estime que les objectifs fixés par la Tunisie en matière d’énergies renouvelables – soit 35 % du mix électrique en 2030, 50 % en 2035 et 80 % en 2050 – demeurent ambitieux mais réalisables. Il souligne toutefois que plusieurs projets accusent encore des retards malgré l’existence de capacités déjà programmées qui permettraient de dépasser l’objectif de 2030.

Dans ce cadre, la Haute Commission de la production privée d’électricité a approuvé fin 2025 le lancement d’appels d’offres pour 2 000 MW d’éolien durant la période 2026-2027. Plusieurs sites ont déjà été identifiés, notamment à Tbaga, Jebel Abderrahmane, Béni Khédache et Zaghouan. Un projet supplémentaire de 77,25 MW a également été attribué récemment dans cette dernière région.

Ezzedine Khalfallah explique que le développement de l’éolien reste confronté à plusieurs contraintes, notamment les longues campagnes de mesure du vent, les études techniques et environnementales, la complexité des procédures administratives, la sécurisation du foncier ainsi que la mobilisation des financements nécessaires. Il estime néanmoins que le principal défi réside désormais moins dans le potentiel de la ressource que dans la capacité à créer un cadre réglementaire, financier et technique favorable à la concrétisation des projets.

Concernant l’intégration de ces nouvelles capacités au réseau national, l’expert considère que l’ajout de 2 GW d’ici 2030 est techniquement envisageable, à condition de renforcer les infrastructures électriques, de développer les solutions de stockage et de gestion de la demande, ainsi que de mettre en service l’interconnexion électrique ELMED avec l’Italie.

Malgré le contexte économique difficile, le secteur continue par ailleurs d’attirer les investisseurs étrangers. Selon Khalfallah, les récents appels d’offres ont confirmé l’intérêt des grands développeurs internationaux pour le marché tunisien. Il souligne toutefois que la concrétisation de ces investissements passe par une meilleure visibilité réglementaire, une simplification des procédures et une accélération des projets de renforcement du réseau.

L’expert met également en avant le potentiel considérable de l’éolien offshore en Tunisie. Des études de la Banque mondiale et de la coopération allemande estiment ce potentiel à plus de 250 GW, dont 160 GW pour l’éolien flottant. Dans cette perspective, la STEG mène actuellement, avec l’appui de la Banque africaine de développement, une étude de faisabilité pour un projet de 250 à 500 MW au large de Kerkennah. La baisse continue des coûts de cette technologie au niveau mondial renforce, selon lui, les perspectives de développement de cette filière en Tunisie.

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Auteur

La Presse

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