L’équipe nationale jour dimanche matin (5h00) face au Japon : Avec quelles armes ?
Un Hervé Renard qui hérite de joueurs abattus et démobilisés, mais qui doit trouver la formule pour réagir. Justement, les moyens existants suffisent-ils ?
La Presse — Il n’y a pas de matches faciles, il n’y a pas non plus de matches difficiles, il y a surtout la forme du jour et le profil de l’adversaire et 90’ pour s’en sortir. Sur ce mondial effréné où le rythme des matches est intense, où les joueurs jouent à 100 à l’heure comme le veut ce football moderne, il faut être frais, motivé, sobre et éviter de commettre beaucoup d’erreurs. Que peut faire notre équipe nationale pour enfin rentrer dans le Mondial ? La recette n’est pas simple du tout à trouver. L’ambiance morose qui règne dans le camp tunisien et qui dure depuis des années y est pour beaucoup. Ce bal des sélectionneurs qui défile, et qui sort par la petite porte, est-il à ce point faillible ? Le problème réside sûrement, en grande partie, ailleurs. Côté joueurs surtout, car ce qu’on a vu lors du premier match en dit beaucoup sur la « médiocrité » technique individuelle et collective, et en dit surtout sur ce côté imprévisible de notre équipe
Indéfendable parfois, rigoureuse par moments, fragile en défense tantôt, et sur d’autres matches, très solide au point de malmener ses adversaires, tous les scénarios sont envisageables. Avec ou sans Hervé Renard, est-ce que les équipiers de Skhiri sont conscients de ce qu’ils ont présenté devant la Suède ? Et, le plus important, est-ce qu’ils ont les astuces et les moyens pour rebondir devant un Japon si bien organisé ? En cinq jours, nos joueurs ne vont pas se métamorphoser, leurs défaillances et leurs forces ne vont pas changer. Faute de grands joueurs, la recette inévitable est certainement collective, une sorte de football basé sur les efforts de tous où la défense se remet de son « coma » et où les joueurs se comportent en adultes avertis qui savent le poids de la responsabilité. Pour le reste, Renard peut changer deux, trois, voire la moitié de l’équipe, mais s’il ne parvient pas à faire réveiller les joueurs et à les booster, on ne pourra espérer grand-chose.
La défense encore et toujours
L’équipe nationale a joué deux matches pour encaisser 10 buts, trop pour une sélection qui ambitionne de passer au second tour. On ne parlera pas de l’ambiance malsaine dans les vestiaires (malheureusement, c’est la vérité), ni des clans, ni de la tension qui se lit même sur les yeux des joueurs entre eux, on parlera tactiques et stratagèmes de jeu. L’équipe de Tunisie a réussi toujours quand sa défense a tenu le coup. Sinon, impossible d’attendre quoi que ce soit. Le tort de Lamouchi aura été de ne pas avoir bien préparé le placement de ses joueurs et l’animation défensive. On a vu notre défense, même à 5, se diluer au moindre appel ou contre-appel de Ayari, Izaak ou Gyokeres au premier match. Hésitation du gardien et de son axe, un milieu fatigué et en retard sur les demis adverses, à l’image de Khedhira et Skhiri, et chaque attaque adverse qui nous faisait peur, les erreurs étaient telles qu’on s’est demandé est-ce qu’on a préparé un plan défensif. Que fera notre Hervé Renard pour muscler la défense ? Changer de gardien, remplacer un élément ou tout l’axe défensif, revoir la composition des milieux récupérateurs, soit, mais face à un Japon qui joue avec une étrange précision d’ensemble et avec une vitesse qui fait mal, il faudra plus.
Au moins 30’ sans être menacé à répétition, sans encaisser de buts. Quand l’équipe est bien en défense, elle peut avancer sereinement.
Oser quand même !
Jusqu’à maintenant, l’équipe de Tunisie n’a pas joué son football préféré basé sur un bloc compact et des transitions et des contres verticaux et rapides pour faire douter l’adversaire. Tout a été défaillant, de la relance aux mouvements avec et sans ballon, et cela ne va pas nous arranger face au Japon. Un adversaire glacial et sobre qui joue avec la tête et non avec les émotions. Une équipe pas impressionnante peut-être, mais confiante et qui ne laisse rien au hasard. Les Achouri, Mejbri, Gharbi, Tounekti et Ayari, créateurs de l’équipe, doivent se surpasser, ils doivent se mettre à l’heure. Avant de penser aux plans de jeu et d’analyser les atouts et les faiblesses et de faire des projections, il sera essentiel de jauger les moyens existants, et surtout la forme du jour ? Au moment de fouler la pelouse, nos joueurs auront-ils les moyens et l’envie de réagir ? Toute l’ambiguïté est là. Aucun plan de jeu ne peut fonctionner si les joueurs ne sont pas prêts dans la tête et dans les jambes.


