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Déchets recyclables – Pain non consommé et huile de friture : rentables et exportables

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  • 19 juin 2026
  • 5 min de lecture
Déchets recyclables – Pain non consommé et huile de friture : rentables et exportables

Les Tunisiens comptent parmi les grands consommateurs de pain. Ils sont aussi de grands gaspilleurs de cet aliment basique. L’an dernier, l’Institut national de la consommation avait avancé un chiffre des plus choquants : 113 mille tonnes de pain sont jetées annuellement ! L’on a même estimé que la part du ménage dans le gaspillage du pain s’élèverait à près d’un kilo par semaine.

La Presse — Les écologues viennent en réponse positive et futuriste à ce problème. En effet, la collecte et le recyclage du pain non consommé figure parmi les actions à cheval entre l’économique et l’environnemental et dont les répercussions sur la gestion des déchets s’avèrent fortement prometteuses. L’une des entreprises investies dans la collecte des déchets recyclables a décidé, récemment, de lancer un appel aux consommateurs pour les inciter à vendre les restes de pain et le convertir, ainsi, en un produit valorisé, rentable et à valeur ajoutée.

«Les consommateurs n’étaient point informés sur la collecte du pain perdu et sur le fait que nous le rachetons pour le revendre aux éleveurs. Ils pensaient même que les restes de pain seraient donnés comme tels au bétail, ce qui n’est pas vrai. Le pain perdu est recyclé et ajouté au fourrage. Les vaches laitières, par exemple, consomment un kilo d’orge, un kilo de maïs et deux cents grammes de pain. Ce dernier joue un rôle important dans le renforcement de la production de lait», explique M. Hamza Chaouech, à la fois président de la Chambre nationale des collecteurs des déchets en plastique et propriétaire de ladite entreprise.

Un bon commencement !

A peine l’annonce publiée, les consommateurs se sont déplacés jusqu’au centre des collectes à Radès pour vendre les restes de pain. «Nous avons reçu une quinzaine de sacs d’une capacité de cinquante kilos chacun. Il s’agit d’un bon début surtout que les consommateurs se montrent collaboratifs.

De notre côté, nous nous sommes déplacés à Radès, à Boumhal, à Ezzahra et à el Mourouj. Nous envisageons de faire l’acquisition d’un camion pour faciliter la collecte de pain restant via la méthode du porte-à-porte», souligne-t-il. Et d’ajouter que les Tunisiens doivent être sensibilisés à cette action au point de l’adopter dans leur vie quotidienne.

«Il faut changer la mentalité et coopérer avec les parties concernées pour gérer savamment et efficacement les déchets. Encore faut-il préciser que les collecteurs anarchiques et les unités de collecte, implantés souvent dans les quartiers populaires ne sont pas agréés par l’Etat», renchérit-il.

1,5 tonne de papier sauvées !

Outre la gestion des déchets de pain, cette entreprise a, récemment, sauvé 1,5 tonne de papier de la poubelle ! Anticipant sur la fin de l’année scolaire et sur les énormes quantités de papiers jetées souvent dans les parages des établissements scolaires, elle a lancé un appel, incitant à la collecte des déchets en papier. Selon M. Chaouech, près de sept cents personnes ont mis la main à la pâte.

«Nous avons même été contactés par des techniciens de l’environnement œuvrant dans la Technopôle du Borj Cédria pour participer à cette action. Ils avaient d’importantes quantités de déchets en papiers à s’en débarrasser…C’est dire, note-t-il, l’impact de l’information sur les citoyens».

Il est à savoir que l’huile de friture qui, d’habitude, est jetée dans les lavabos ou encore dans la poubelle et dont la nocivité est indéniable, représente désormais une source de devise. Il est possible, en effet, de la vendre. Une entreprise située à Mghira se chargera de sa filtration et de son exportation.

A chaque déchet, son prix !

Tout se vend, rien ne se perd ! Les déchets ont un prix et une valeur. Le pain perdu est racheté à deux cents millimes le kilo. Pour ce qui est du papier, il est à quatre cents millimes le kilo. Le tarif de l’huile végétale usée n’a pas encore été fixé vu que l’action est latente. Quant au fameux plastique, il est racheté à un dinar ou encore à 1dt,100.

«Il faut que les Tunisiens sachent que 30% des déchets sont recyclables et, par conséquent, rentables. Leur valorisation a des portées économiques mais aussi écologiques considérables, puisque nous atténuerons ainsi la quantité des déchets gérés dans les décharges. Ancrer cette culture auprès des jeunes générations finira, certainement, par donner de futurs citoyens avisés et soucieux de la cause environnementale», conclut-il.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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