Élection de Slim Laghmani à la TIDM : Une consécration pour la Tunisie sur la scène juridique internationale
Le professeur Slim Laghmani a été élu juge au Tribunal international du droit de la mer (Tidm) pour le mandat 2026-2035. Cette élection, acquise dès le premier tour à New York, marque une avancée majeure pour la présence tunisienne au sein des hautes juridictions internationales.
La Presse — C’est au siège des Nations unies à New York, lors de la 36e réunion des États parties à la convention sur le droit de la mer, que le juriste tunisien a scellé sa victoire. Fait marquant qui témoigne de la solidité de sa candidature et de l’immense respect dont il jouit à l’échelle internationale, il a été plébiscité dès le premier tour du scrutin.
Cette élection illustre une nouvelle fois la capacité des compétences tunisiennes à s’imposer au sein des institutions internationales les plus prestigieuses. Elle vient couronner le parcours d’un homme de loi d’exception. En accédant à cette haute juridiction basée à Hambourg, le professeur Laghmani ne fait pas seulement briller le drapeau tunisien, il porte également la voix de la rigueur juridique et du droit international face aux défis maritimes majeurs de la prochaine décennie.
De La Haye à Hambourg: un parcours d’exception
Avant même sa candidature au Tidm, Slim Laghmani avait été choisi, sur recommandation du Président de la République, pour représenter la Tunisie devant la Cour internationale de justice (CIJ) lors des audiences consultatives consacrées à la question palestinienne. Un choix qui témoigne de la reconnaissance dont il jouit au plus haut niveau de l’État pour ses compétences en droit international.
En effet, le 23 février 2024, le professeur de droit international a plaidé à la CIJ pour défendre les droits du peuple palestinien. Une intervention historique à marquer d’une pierre blanche, alors que l’ONU demandait à la Cour un avis juridique crucial sur les conséquences de l’occupation sioniste et les violations répétées des droits humains en Palestine.
L’élection du professeur Slim Laghmani, qui coïncide avec la célébration par la diplomatie tunisienne cette année du 70e anniversaire de la création du ministère des Affaires étrangères, témoigne de la confiance dont jouissent la Tunisie ainsi que ses compétences scientifiques, juridiques et académiques auprès de la communauté internationale. Elle reflète également le mérite du candidat tunisien, reconnu comme l’un des plus éminents spécialistes du droit international public et du droit de la mer au niveau régional et international, a commenté le MAE dans un communiqué publié à cette occasion.
Les coulisses d’un succès collectif
Ce succès est le fruit d’efforts diplomatiques soutenus et continus menés par le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, conformément aux orientations du Président de la République. Ces efforts ont débuté par l’obtention du soutien de l’Union africaine à la candidature tunisienne, avant de se poursuivre à travers une série de contacts et de consultations bilatérales, tant en présentiel que par téléphone, entre le ministre des Affaires étrangères et ses homologues des États parties.
Bien évidemment, un grand travail a été effectué dans les coulisses. Le MAE met d’ailleurs en avant le travail intensif accompli par la Mission permanente de la Tunisie auprès des Nations unies à New York et la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba, notamment par l’organisation de rencontres directes entre le candidat tunisien et les représentants des États parties lors de ses deux visites à New York et de sa visite à Addis-Abeba. À cela se sont ajoutés les efforts déployés par les différentes structures du ministère, par la Mission permanente de la Tunisie à Genève, ainsi que par l’ensemble des ambassades de la République Tunisienne, contribuant ainsi à mobiliser un large soutien en faveur de cette candidature.
Autrement dit, c’est une dynamique collective et un travail de fond qui ont conduit à ce triomphe historique. Cette synergie parfaite entre l’excellence académique du professeur Laghmani et le déploiement stratégique de toute la diplomatie tunisienne prouve qu’unies, les compétences de notre pays peuvent s’imposer avec force et respect sur la scène internationale.
Il va sans dire que cette élection revêt une importance particulière dans la mesure où elle renforce la représentation du continent africain et du monde arabe au sein du Tribunal international du droit de la mer. Elle contribue également à assurer la présence de compétences juridiques africaines et arabes au sein de l’une des plus importantes juridictions internationales chargées de l’application des dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et du développement de la jurisprudence internationale dans ce domaine essentiel.
Le MAE a encore souligné que cette candidature s’inscrit dans le cadre de l’engagement constant de la Tunisie en faveur de la légalité internationale, du renforcement de l’État de droit et du règlement pacifique des différends. Cette nouvelle réussite de la diplomatie multilatérale tunisienne confirme également la position de la Tunisie en tant que partenaire actif et digne de confiance dans les efforts internationaux visant à promouvoir une gouvernance efficace des espaces maritimes et à consolider le respect du droit international.
Qu’est-ce que le Tidm et quels sont ses enjeux ?
Le Tribunal international du droit de la mer (Tidm) est un organe judiciaire indépendant qui a été créé par la convention des Nations unies sur le droit de la mer (1982). Il est compétent pour tous les différends relatifs à l’interprétation ou à l’application de la convention, et toutes les fois que cela est expressément prévu dans tout autre accord lui conférant compétence. Les différends relevant de la Convention peuvent avoir trait à la délimitation de zones maritimes, à la navigation, à la conservation et à la gestion des ressources biologiques marines, à la protection et à la préservation du milieu marin et à la recherche scientifique marine.
Sept membres du Tribunal international du droit de la mer ont été élus le 18 juin 2026 lors de la trente-sixième réunion des États parties à la convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui se tient actuellement au siège de l’Organisation des Nations unies à New York.
Les États Parties ont réélu les juges Kolodkin (Fédération de Russie) et Lijnzaad (Pays-Bas), dont la notice biographique peut être consultée sur le site web du Tribunal. Ils ont également élu Mme Sylvia Ama Adusu (Ghana), M. George Rodrigo Bandeira Galindo (Brésil), M. Slim Laghmani (Tunisie), Mme Lan-Anh Thi Nguyen (Viet Nam) et M. Bimal N. Patel (Inde).
Les juges ont été élus pour un mandat de neuf ans commençant le 1er octobre 2026. Des élections se tiennent tous les trois ans lors de la réunion des États parties pour élire un tiers des juges du Tribunal. Les juges sont élus par les Etats parties à la convention au scrutin secret pour un mandat de neuf ans et sont rééligibles.
Avec le début de ce mandat fixé au 1er octobre 2026, s’ouvre donc un nouveau chapitre pour le Tribunal international du droit de la mer, mais aussi pour le professeur Slim Laghmani. En rejoignant les six autres magistrats fraîchement élus ou reconduits à New York, le juriste tunisien s’apprête à graver, au-delà de son propre nom, celui de son pays dans les annales de la jurisprudence maritime mondiale. Une fierté nationale qui résonne déjà bien au-delà de nos frontières.



