Le ministère des Affaires culturelles a annoncé, ce lundi, la disparition à l’âge de 90 ans de l’historien et chercheur Ali Zouari, survenue la veille, le dimanche 21 juin 2026.
Né à Sfax en octobre 1935, le défunt était titulaire d’un doctorat de troisième cycle en histoire, obtenu en 1973 à l’université de Provence, à Marseille (France). Cet universitaire tunisien menait ses recherches historiques et patrimoniales aussi bien en langue arabe qu’en français, en se concentrant sur l’évolution socio-économique de sa région natale.
Il a notamment publié sa thèse de doctorat de référence portant sur les relations commerciales entre Sfax et le Levant aux XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que des contributions majeures sur les flux migratoires et la navigation maritime locale. Sa bibliographie compte aussi un ouvrage intitulé « Sfax à travers ses deux siècles d’or : les XVIIIe et XIXe » ainsi que le « Lexique du vocabulaire et des traditions populaires de Sfax », coécrit avec Youssef Charfi.
Parallèlement à ses recherches, il a cumulé les fonctions de directeur de recherche à l’Institut national du patrimoine (INP) et d’inspecteur régional pour le Sud-Est. Il s’est investi dans la préservation des monuments phares de la médina de Sfax en initiant la restauration de la Grande Mosquée, l’entretien des remparts et la réouverture de Borj Ennar.
Ses actions citoyennes l’ont conduit à fonder l’Association de sauvegarde de la médina, l’Association des amis des musées, et à diriger l’Association du Progrès Théâtral de Sfax.
Dès les années 1960, profitant de l’impulsion politique de feu Chedli Klibi (fondateur du ministère de la Culture en 1961) et de l’appui scientifique de Mohamed Masmoudi (directeur du Centre des Arts et Traditions Populaires), il a supervisé l’aménagement du palais de Dar Jallouli, situé au cœur de la médina de Sfax. Ce projet a permis de fonder le tout premier musée régional des arts et traditions populaires du pays.
Ali Zouari était également une voix familière des auditeurs de Radio Sfax, où il animait et produisait des programmes dédiés à la mémoire historique nationale.
Le ministère des Affaires culturelles a présenté ses condoléances à sa famille ainsi qu’à la communauté des intellectuels et créateurs tunisiens.



