Contrôle et suivi
La décentralisation aussi bien économique, financière qu’administrative a été érigée au rang d’axe stratégique majeur de la politique de développement. Elle constitue même l’un des fondements de la souveraineté nationale.
Une telle orientation est d’autant plus importante qu’elle traduit le souci de garantir une meilleure répartition des richesses, d’élargir le cercle des décisions, de mieux rapprocher les services de la population, notamment régionale, d’améliorer le niveau de participation citoyenne, d’instaurer une forte cohésion sociale et de s’assurer, ainsi, une gestion publique plus efficace.
Toutefois, malgré toute cette volonté et, surtout, l’importance des enjeux, la décentralisation n’arrive toujours pas à se dessiner en raison du maintien des déséquilibres, l’absence d’un transfert réel de l’autonomie économique et financière et la réticence de certaines structures centrales à se délester de certaines prérogatives.
Ce qui confirme cet échec, même proportionnel, c’est, d’abord, la timidité des investissements et l’absence d’une véritable dynamique entrepreneuriale. Les statistiques disponibles confirment, à cet effet, qu’environ 90% des investissements ont été réalisés dans les zones côtières. Et même les quelques projets lancés, ici et là, n’ont pas abouti ou au mieux n’ont pas eu la rentabilité espérée, faute d’engagement, de responsabilisation ou encore d’évaluation.
Certains analystes estiment, également, que cet échec pourrait s’expliquer par l’absence de transfert technologique réel. Or, l’un des objectifs fondamentaux de la décentralisation, c’est de créer, progressivement, une dynamique économique innovante et à forte valeur ajoutée. Des défaillances de taille qui méritent d’être repensées et corrigées rapidement.
Mais c’est surtout le gel des projets publics et leur mise en instance qui inquiètent le plus. Car une telle négligence risque de sanctionner toute la politique de développement régional et pénaliser, du coup, l’économie nationale dans son ensemble.
Il est vrai, en effet, que la concrétisation de ces projets publics, très importants dans leur majorité, aurait permis de transformer et de réinventer la physionomie du paysage socioéconomique régional.
C’est pour cette raison d’ailleurs que le Chef de l’Etat a fait de l’accélération du déblocage de ces projets une priorité absolue pour 2026, multipliant, ainsi, les rappels à l’ordre et recommandant une refonte profonde de la gestion de ces chantiers de l’Etat.
Il s’agit d’une restructuration qui devrait miser sur «l’allégement des contraintes administratives, la mise en place d’un cadre juridique réglementant la commande publique et l’instauration d’un système de contrôle et de suivi pour maintenir la bonne gestion de l’argent public et définir les responsabilités des uns et des autres en cas de blocage».
Du reste, présidant, samedi dernier, un Conseil des ministres, la Cheffe du gouvernement a donné toute son importance à ce dossier sensible, appelant tous les acteurs à en finir, une fois pour toutes, avec ce blocage gratuit, surtout que les budgets sont déjà mobilisés.
Et c’est, justement, cette urgence qui justifie la mise en place de toute une plateforme de contrôle, de suivi et d’actualisation, pour pouvoir intervenir le cas échéant.



