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Lutte contre les deepfakes : appel à une coopération internationale sous l’égide de l’Union interparlementaire

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  • 26 juin 2026
  • 4 min de lecture
Lutte contre les deepfakes : appel à une coopération internationale sous l’égide de l’Union interparlementaire

Deux représentants de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont pris part, hier jeudi, à une visioconférence sur la lutte contre les contenus sexuels de type « deepfake » générés par l’intelligence artificielle organisée à l’initiative de l’Union interparlementaire (UIP).

Selon un communiqué publié vendredi par l’ARP, cette rencontre avait pour objectif de permettre aux participants d’identifier des mesures concrètes visant à renforcer le contrôle parlementaire de l’intelligence artificielle par les institutions législatives, ainsi qu’à élaborer des propositions législatives et des mécanismes juridiques plus efficaces pour lutter contre les violences numériques et mieux protéger les femmes contre les différentes formes de violences numériques.

Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer la protection juridique des victimes et de partager les expériences ainsi que les bonnes pratiques en matière de lutte contre l’utilisation abusive des technologies de l’intelligence artificielle, dans le respect des droits et libertés fondamentaux ainsi que de la dignité des personnes.

Les parlementaires et experts intervenus lors de la visioconférence ont souligné l’importance de renforcer la coopération entre les différentes parties prenantes, d’adapter les législations nationales et de développer les mécanismes de prévention et de sensibilisation, afin de garantir un usage responsable des technologies modernes tout en préservant les droits et libertés fondamentaux.

S’exprimant lors de cette rencontre, les députés tunisiens Sami Raïs, président de la Commission de l’organisation de l’administration, de son développement, de la numérisation, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, et Aouatef Cheniti, membre de la Commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées, ont proposé l’organisation d’une conférence internationale réunissant des parlementaires, des experts et des représentants d’organisations internationales spécialisées afin de favoriser l’échange d’expériences, d’examiner les pratiques comparées et d’identifier les défis que pose l’intelligence artificielle en matière de protection des droits et des libertés.

Sami Raïs a indiqué que le cadre juridique tunisien comprend plusieurs textes susceptibles d’être développés pour répondre à ces nouveaux défis, notamment en élargissant la définition de la violence sexuelle afin d’y inclure les formes de violence sexuelle numérique résultant de l’utilisation abusive des technologies de l’intelligence artificielle.

Il a également appelé, par l’intermédiaire de l’Union interparlementaire, à renforcer l’arsenal législatif consacré aux droits des femmes, que ce soit par la révision des lois existantes ou l’adoption de nouvelles dispositions tenant compte des défis et des enjeux liés aux applications de l’intelligence artificielle.

Il a, en outre, souligné la nécessité de renforcer la responsabilité des grandes entreprises du numérique et de mettre en place des mécanismes juridiques et techniques plus efficaces garantissant le respect des droits des personnes et de leur image, afin d’empêcher la diffusion ou le partage de contenus et d’images à caractère personnel sans le consentement explicite de leurs titulaires.

Pour sa part, Aouatef Cheniti a souligné que les femmes engagées dans la vie politique figurent parmi les catégories les plus exposées aux attaques au moyen des technologies de « deepfake » et des contenus numériques malveillants.

Elle a estimé que la recrudescence de ces pratiques risque de décourager, à l’avenir, la participation des femmes à la vie publique et politique, en raison des craintes suscitées par l’exploitation de l’intelligence artificielle pour produire de fausses images et vidéos portant atteinte à leur réputation et à leur dignité.

La députée a, en outre, proposé la création d’un comité ou d’un cadre consultatif réunissant des femmes victimes de violences numériques afin de recueillir leurs témoignages et de documenter les différentes formes d’abus qu’elles ont subies, dans le but de mieux cerner le phénomène et de formuler des réponses adaptées.

Elle a également mis en avant l’importance d’une coordination entre l’Union interparlementaire et les Nations unies, en particulier la Commission de la condition de la femme, afin d’assurer une meilleure articulation entre les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et les nouveaux défis liés aux applications de l’intelligence artificielle, notamment les technologies de « deepfake », en vue de renforcer la protection des femmes contre les nouvelles formes de violences et d’atteintes numériques.

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Auteur

La Presse