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Prolifération du poisson-lapin toxique en Méditerranée et sur les côtes tunisiennes

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  • 28 juin 2026
  • 3 min de lecture
Prolifération du poisson-lapin toxique en Méditerranée et sur les côtes tunisiennes

L’association TunSea a mis en garde contre la progression continue du poisson-lapin toxique (Lagocephalus sceleratus) en mer Méditerranée, soulignant que les observations de cette espèce invasive se multiplient désormais le long des côtes tunisiennes. Face à cette situation, l’organisation appelle les pêcheurs, plongeurs et usagers de la mer à participer au suivi scientifique de sa propagation.

Dans un communiqué, TunSea rappelle que cette espèce représente une menace à la fois pour la biodiversité marine, les activités de pêche et la sécurité des personnes. Le poisson-lapin renferme en effet une neurotoxine extrêmement dangereuse, la tétrodotoxine, susceptible d’être mortelle en cas de consommation. Ses mâchoires particulièrement puissantes peuvent également provoquer de profondes blessures et d’importants saignements.

L’association cite plusieurs développements récents illustrant l’ampleur du phénomène en Méditerranée. Le 19 juin 2026, Chypre a annoncé avoir retiré plus de 103 tonnes de poissons-lapins de ses eaux depuis juin 2024, dans le cadre d’un programme national destiné à limiter la prolifération de cette espèce invasive.

Quelques jours plus tôt, le 17 juin, plusieurs médias grecs avaient fait état d’une recrudescence d’incidents impliquant des baigneurs mordus par ce poisson. L’un des cas les plus marquants concerne une femme blessée dans la région de Varkiza, près d’Athènes, qui a dû être hospitalisée.

Selon TunSea, le poisson-lapin bénéficie de très peu de prédateurs naturels en Méditerranée. Parmi les espèces observées ou soupçonnées de s’en nourrir figurent la tortue caouanne (Caretta caretta), certaines grandes espèces de requins, le grand dauphin (Tursiops truncatus), la dorade coryphène (Coryphaena hippurus), principalement lorsqu’il s’agit de jeunes individus, ainsi que quelques grands poissons prédateurs dans de rares cas. Toutefois, cette prédation reste insuffisante pour enrayer l’expansion rapide de l’espèce.

En Tunisie, TunSea indique que les signalements du poisson-lapin toxique deviennent de plus en plus fréquents dans plusieurs régions du littoral. Parallèlement, les pêcheurs font état d’une augmentation des dommages causés aux filets ainsi qu’aux captures, ce qui renforce la nécessité d’un suivi scientifique et d’une vigilance accrue.

Afin d’améliorer la surveillance de cette espèce invasive, l’association invite les pêcheurs, plongeurs, marins et plaisanciers à transmettre une photographie du poisson observé, le lieu et la date de l’observation, ainsi que la profondeur lorsque cette information est disponible.

TunSea précise enfin que, d’après les connaissances scientifiques actuelles, la tortue caouanne est la seule espèce dont la prédation des individus adultes du poisson-lapin est clairement documentée en Méditerranée. Les observations concernant les requins, les dauphins et les autres prédateurs reposent essentiellement sur des cas isolés et concernent principalement des individus juvéniles.

R.I

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Auteur

La Presse

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