Canicule à Tataouine : Entre climatisation moderne et fraîcheur ancestrale des habitations troglodytes
À l’instar du reste de la Tunisie, le gouvernorat de Tataouine traverse une vague de chaleur intense qui bouleverse visiblement le quotidien de ses habitants. Dès le milieu de la matinée, le rythme de vie ralentit : les rues et les marchés se vident, tandis que la population se réfugie dans les habitations, les cafés ou les espaces ombragés. Pour atténuer la lourdeur de l’atmosphère, le recours aux climatiseurs est devenu massif.
Le retour salvateur aux habitations troglodytes
Dans les zones montagneuses, un phénomène de retour aux sources s’observe. De nombreuses familles ont choisi de réinvestir les demeures montagnardes traditionnelles, localement appelées « El Ghar » ou « Irji ». Ces habitations troglodytes offrent une fraîcheur naturelle remarquable sans nécessiter d’appareils de refroidissement modernes, permettant ainsi de limiter la consommation d’électricité.
À Chenini, Douiret ou Ghomrassen, des familles continuent de préserver ce patrimoine séculaire hérité de leurs ancêtres. Conçues il y a des centaines d’années, ces habitations doivent leur efficacité thermique à l’ingéniosité de leur emplacement et à leur mode de construction : creusées à même la montagne et bâties avec des matériaux naturels, elles garantissent une régulation thermique idéale et un taux d’humidité optimal.
Les ouvriers du bâtiment face au thermomètre
À l’inverse, les réalités économiques contraignent les ouvriers des chantiers de construction à poursuivre le travail malgré des températures de plomb. Pour s’adapter, ces derniers ont dû modifier leurs horaires, avançant le début du travail de 7h00 à 5h00 du matin afin de profiter des premières heures de la journée, plus clémentes. Ils s’équipent également de vêtements de protection, d’habits couvrants et veillent à s’hydrater continuellement pour prévenir les risques de stress thermique.
Plusieurs ouvriers témoignent que leurs responsabilités familiales et la précarité de leurs conditions de vie les obligent à maintenir l’activité en dépit des risques sanitaires. Si le spectre du coup de chaleur reste une angoisse permanente, l’impératif de subvenir aux besoins de leurs proches les pousse à tenir bon, tout en redoublant de prudence.


