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Indice 2026 des États responsables : la Tunisie bien classée mais il lui manque le levier de performance décisif

  • 30 juin 2026
  • 3 min de lecture
Indice 2026 des États responsables : la Tunisie bien classée mais il lui manque le levier de performance décisif

La Tunisie occupe la 52ᵉ place sur 154 pays dans l’édition 2026 de l’Indice des États responsables (Responsible Nations Index), avec un score de 0,5196, selon un classement international qui évalue non pas la richesse ou la puissance militaire des États, mais leur capacité à gérer efficacement leurs ressources, à garantir la justice sociale, à protéger l’environnement et à respecter les engagements internationaux.

Ce positionnement place la Tunisie au deuxième rang au Maghreb, derrière le Maroc (41ᵉ mondial), devant la Libye (65ᵉ), l’Algérie (116ᵉ) et la Mauritanie (137ᵉ). À l’échelle mondiale, le classement est dominé par Singapour, la Suisse et le Danemark, tandis que les dernières positions sont occupées notamment par la Syrie, le Soudan et la République centrafricaine.

L’indice, encore récent dans le paysage des classements internationaux, est élaboré par la World Intellectual Foundation, en collaboration avec des institutions académiques telles que la Jawaharlal Nehru University et l’Indian Institute of Management de Mumbai. Il repose sur une approche multidimensionnelle qui vise à mesurer la “responsabilité globale” des États.

Trois grands axes structurent cette évaluation : la responsabilité interne, qui couvre la gouvernance, la justice sociale et l’efficacité institutionnelle ; la responsabilité environnementale, liée à la gestion des ressources naturelles et aux politiques climatiques ; et enfin la responsabilité externe, qui mesure l’engagement des États dans la coopération internationale, la paix et le respect des règles globales.

Contrairement aux indicateurs classiques centrés sur le PIB ou la puissance économique, cet indice met l’accent sur la manière dont les États transforment leurs capacités en résultats concrets pour leurs citoyens et pour la communauté internationale.

Dans le cas tunisien, la 52ᵉ place mondiale traduit une situation contrastée. Le pays bénéficie d’atouts structurels reconnus, notamment un héritage institutionnel solide, un investissement historique dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi qu’un tissu associatif relativement dynamique. Ces éléments constituent une base importante dans la lecture du classement.

Cependant, l’indice met également en évidence un écart entre les potentialités disponibles et la performance effective des politiques publiques, notamment en matière de gouvernance, d’équité territoriale et d’efficacité administrative.

Autrement dit, la question centrale posée par ce classement n’est pas tant celle des ressources dont dispose la Tunisie, mais celle de sa capacité à les convertir en résultats mesurables et perceptibles par les citoyens.

Ce type d’indicateur, bien que récent et encore en phase de consolidation méthodologique, s’inscrit dans une tendance internationale qui privilégie désormais la notion de “qualité de gouvernance” et de “responsabilité des États” plutôt que la seule performance économique.

Pour la Tunisie, ce positionnement au milieu du classement mondial peut ainsi être interprété comme un signal double : celui d’un pays disposant de fondations solides, mais confronté à la nécessité d’améliorer l’efficacité de ses institutions et la cohérence de ses politiques publiques.

R.I

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R. I

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