En ouverture de la 7e édition du COMFWB Trade Fair (CTF7), organisée le 1er juillet 2026 à Tunis et cofinancée par Expertise France, l’ambassadrice de France en Tunisie, S.E. Mme Anne Gueguen, a défendu une vision renouvelée du partenariat franco-africain, fondée sur l’investissement, la co-construction et la mise en avant des femmes entrepreneures.
Devant les participants de cet événement régional réunissant plusieurs pays africains autour du commerce intra-régional et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la diplomate française a souligné le rôle stratégique de la Tunisie, qualifiée de pays “charnière entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne”, ainsi que la vitalité de son tissu entrepreneurial, en particulier féminin.
Elle a insisté sur la transformation de l’approche française vis-à-vis du continent africain, affirmant que la France n’est désormais “plus un simple bailleur ou observateur”, mais un partenaire engagé dans une logique d’égalité, de co-investissement et de co-développement, aux côtés des entrepreneurs africains.
Les femmes au cœur de la stratégie économique
L’ambassadrice a particulièrement mis l’accent sur le rôle central des femmes entrepreneures dans la transformation économique du continent. Selon elle, leur accompagnement ne relève pas uniquement d’une politique d’équité, mais constitue également un levier d’efficacité économique et de croissance inclusive.
Elle a estimé que les entrepreneures contribuent fortement à la création d’emplois, à l’innovation et au développement des communautés locales, faisant d’elles des actrices clés des dynamiques économiques africaines et des partenariats avec la France.
Par ailleurs, au cœur de cet engagement figure le projet Qawafel, lancé en mai 2023 par l’Ambassade de France en Tunisie, l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France, avec un budget de 3,8 millions d’euros.
Ce programme vise à accompagner l’internationalisation des PME et start-ups tunisiennes vers les marchés africains, à travers des actions de diagnostic export, de mise en relation B2B, de formation, ainsi que d’appui à l’accès au financement et aux normes internationales.
Selon les données présentées, plus de 170 entreprises et start-ups tunisiennes ont été accompagnées, 18 structures d’appui ont été renforcées, et plusieurs partenariats institutionnels ont été conclus avec des pays tels que le Kenya, le Sénégal, la République démocratique du Congo et la Mauritanie. Des contrats commerciaux ont également été signés, confirmant la dynamique d’intégration économique Sud-Sud.
Cette approche s’inscrit dans la vision plus large portée par la France lors du sommet Africa Forward, co-présidé en mai 2026 à Nairobi par le président Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto.
À cette occasion, la France a défendu un changement de paradigme, passant d’une logique d’aide à une logique d’investissement. Le sommet a donné lieu à l’annonce de 23 milliards d’euros d’investissements pour le continent africain, dont 14 milliards d’investissements français publics et privés, dans des secteurs clés tels que l’énergie, le numérique, les infrastructures et l’agriculture.
Une continuité entre action locale et vision continentale
S.E. Anne Gueguen a souligné la cohérence entre les projets menés en Tunisie et la stratégie continentale française, estimant qu’il s’agit d’une même dynamique fondée sur la co-production, la co-construction et le co-investissement.
Elle a réaffirmé l’engagement de la France à accompagner les initiatives du COMFWB 2026-2030, qui vise notamment à renforcer l’intégration des femmes dans le commerce intra-COMESA et la ZLECAf, à améliorer l’accès au financement et à promouvoir la transformation numérique.
En conclusion, la diplomate a réitéré le soutien de la France à cette vision, affirmant sa volonté de contribuer à faire de la Tunisie un véritable pont entre l’Europe et une Afrique en pleine intégration économique.
R.I



