Assurances et catastrophes naturelles : la feuille de route 2026-2030
La feuille de route stratégique établie par le Comité Général des Assurances (CGA) pour la période 2026-2030 structure une transformation profonde du secteur tunisien des assurances. L’objectif fondamental est d’accroître la contribution de la branche au Produit Intérieur Brut (PIB) en optimisant la captation de l’épargne nationale pour la réinjecter dans le circuit productif. Cette dynamique repose sur une double approche alliant résilience climatique et réformes structurelles législatives.
Résilience climatique et modélisation des risques de catastrophes
Face à l’intensification des chocs climatiques, les autorités planifient l’implémentation d’un régime d’assurance contre les catastrophes naturelles. Ce dispositif s’articule autour de quatre leviers techniques et réglementaires majeurs. Premièrement, l’adoption d’un cadre législatif rendra cette couverture obligatoire pour sanctuariser le tissu économique. Deuxièmement, le déploiement d’un outil de modélisation mathématique précis permettra d’évaluer le coût technique du risque. Troisièmement, des audits d’impact mesureront la viabilité financière de cette charge sur la solvabilité des assureurs. Enfin, des campagnes de communication ciblées accompagneront l’intégration de ce nouveau mécanisme. En parallèle, la modernisation de l’assurance agricole prévoit une obligation progressive sur certaines branches, l’optimisation des flux d’indemnisation et la formation d’experts en sinistres.
Refonte réglementaire et mécanismes de solidarité du marché
Le volet législatif est dominé par la révision du Code des assurances, pensée pour stimuler les produits d’assurance-vie et de retraite complémentaire. Pour fluidifier la distribution, le réseau d’intermédiation sera élargi à la Bourse et aux institutions financières. La restructuration cible également l’assurance automobile via la réorganisation du Bureau Central de Tarification. Un mécanisme de répartition solidaire sera introduit pour gérer les risques lourds et éviter l’exclusion des segments critiques comme les taxis, les louages et le transport rural.
Cette stratégie proactive tend à transformer l’assurance tunisienne d’un secteur de gestion passive des sinistres en un levier de stabilité macroéconomique et un amortisseur de chocs systémiques.



