Le secteur touristique tunisien confirme son rôle stratégique dans l’économie nationale. Au cours des six premiers mois de 2026, les recettes générées par le tourisme ont atteint 3,352 milliards de dinars, soit près d’un milliard d’euros, enregistrant une progression de 8,3 % par rapport à la même période de 2025. Cette performance, publiée par la Banque centrale de Tunisie (BCT), intervient dans un contexte de reprise soutenue de l’activité touristique et contribue à renforcer les équilibres financiers du pays.
Selon les indicateurs financiers de la BCT, cette hausse représente un gain supplémentaire de 255,6 millions de dinars (près de 76 millions d’euros) en un an. Elle confirme la bonne dynamique de la saison touristique, déjà perceptible au printemps grâce à l’augmentation des arrivées de visiteurs européens et au redressement progressif des principaux marchés émetteurs traditionnels.
Le tourisme, deuxième source de devises du pays
Le tourisme demeure aujourd’hui la deuxième source de devises de la Tunisie, derrière les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Ces derniers ont atteint 4,405 milliards de dinars (environ 1,31 milliard d’euros) au terme du premier semestre, soit une progression annuelle de 210 millions de dinars.
Au total, les recettes issues du tourisme et les transferts de la diaspora ont généré 7,758 milliards de dinars, soit près de 2,31 milliards d’euros, au cours des six premiers mois de l’année. Ces ressources jouent un rôle essentiel dans le financement des importations, le renforcement des réserves en devises et la stabilité de la balance des paiements.
Des recettes qui couvrent une large part du service de la dette extérieure
L’un des enseignements majeurs des statistiques publiées par la Banque centrale concerne le poids croissant des recettes en devises dans le financement des engagements extérieurs de la Tunisie.
Au 30 juin 2026, le service de la dette extérieure – c’est-à-dire les remboursements effectués au titre de la dette – s’établissait à 4,233 milliards de dinars, contre 8,317 milliards de dinars à la même date de l’année précédente.
À elles seules, les recettes du tourisme couvrent près de 79 % de ce montant. En y ajoutant les transferts des Tunisiens établis à l’étranger, le taux de couverture atteint environ 183 %, un niveau qui témoigne de l’importance de ces deux sources de devises dans le maintien des équilibres macroéconomiques du pays.
Cette évolution constitue un signal encourageant pour les observateurs économiques, même si elle ne signifie pas que la dette extérieure de la Tunisie a diminué de moitié. Les données publiées concernent en effet le service de la dette et non l’encours global de celle-ci.
Malgré ces performances, les réserves officielles en devises ont enregistré un léger repli.
Au 3 juillet 2026, les avoirs nets en devises de la Banque centrale s’élevaient à 24,54 milliards de dinars, correspondant à 97 jours d’importation, contre 100 jours un an auparavant.
Les économistes considèrent toutefois que ce niveau demeure relativement confortable. Ils soulignent néanmoins que le maintien de ces réserves dépendra de la poursuite des entrées de devises, notamment durant la haute saison touristique.
Une politique monétaire progressivement assouplie
Parallèlement, la Banque centrale poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire.
Le volume global des refinancements accordés aux banques est tombé à 10,54 milliards de dinars, soit une baisse de plus de 4 milliards de dinars sur un an. Quant au taux directeur, il reste fixé à 6,99 %, après la réduction opérée ces derniers mois, contre 7,5 % en 2025.
Au-delà des chiffres encourageants, les économistes estiment que le principal défi pour les autorités tunisiennes sera désormais de transformer ces importantes entrées de devises en une amélioration durable des finances publiques et de la position financière extérieure du pays.
La consolidation du secteur touristique, combinée à la contribution soutenue des Tunisiens résidant à l’étranger, constitue un levier important pour réduire progressivement la dépendance au financement extérieur, renforcer la confiance des investisseurs et soutenir une croissance économique plus résiliente.
Alors que la haute saison estivale ne fait que commencer, les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette dynamique et permettre au tourisme de jouer pleinement son rôle de moteur de l’économie tunisienne.
R.I



