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Stratégie Nationale de Transition Écologique : la Tunisie lance officiellement le mégaprojet « Zéro Déchet »

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  • 9 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Stratégie Nationale de Transition Écologique : la Tunisie lance officiellement le mégaprojet « Zéro Déchet »

La Tunisie s’engage dans une révolution environnementale majeure et opte pour un programme de gestion des déchets urbains. Financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial et le PNUD, ce programme sur cinq ans ciblera, d’abord, le Grand Tunis. L’objectif est d’imposer les principes de la chimie verte aux industriels et d’élever un taux de recyclage qui stagne actuellement à 10 %. C’est ce qu’ont annoncé aujourd’hui, jeudi 09 juillet 2026 des responsables du ministère de l’Environnement lors d’une conférence de presse intitulée « Transition vers le zéro déchet contre la pollution ».

Les intervenant ont d’emblée annoncé le lancement officiel et opérationnel du mégaprojet national de cette transition. A ce titre, M. Mesbah Abaza, Directeur général du développement durable au ministère, a révélé que sur cinq pays à l’échelle mondiale, c’est la Tunisie qui a été sélectionnée pour bénéficier du financement et de l’appui technique de ce programme d’élite.

« S’étendant sur une période d’exécution de cinq ans, cette initiative s’inscrit au cœur de la Stratégie Nationale de Transition Écologique, concrétisant l’axe de modernisation des modes de consommation et de production industriels », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que « le calendrier de déploiement a été stratégiquement synchronisé avec le coup d’envoi du nouveau Plan de Développement Quinquennal 2026-2030 de l’État ».

Il a précisé que pour sa première phase de déploiement, le projet concentrera ses efforts logistiques sur le Grand Tunis, englobant les gouvernorats de Tunis, de l’Ariana, de Ben Arous et de la Manouba. « Ce choix territorial est dicté par l’extrême densité démographique de la zone et les volumes critiques de détritus collectés au quotidien. Le programme l’impactera directement le quotidien de 2,9 millions d’habitants répartis sur 38 municipalités, jetant les bases d’un réseau interconnecté de gestion des déchets », explique-t-il.

Un budget de 5 millions de dollars et mécanismes de la chimie verte

La mise en œuvre financière de ce programme, qui débute officiellement au cours du second semestre de l’année 2026, s’appuie sur une enveloppe globale de 5 millions de dollars américains. A ce propos, Mme Nesrine Ghediri Harrouchi, ingénieure générale et coordinatrice nationale du projet au sein du ministère de l’Environnement, a précisé que « ce déploiement découle d’un accord bilatéral entre l’État tunisien d’un côté et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’autre.

Le budget étant intégralement sécurisé par des dotations du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) ». Elle a ajouté que « l’ambition technique est de pousser le secteur industriel privé et les fabricants à modifier leurs processus de production. Le projet favorisera l’adoption de matières premières biodégradables et écoresponsables, éliminant ainsi l’usage de composants chimiques lourds à forte toxicité résiduelle, conformément aux directives internationales de la chimie verte ».

Les intervenants ont laissé entendre que la philosophie même de la charte « Zéro Déchet » ne vise pas à concurrencer les techniques de valorisation mécanique, mais à imposer un changement doctrinal où la priorité absolue de la politique publique se concentre sur la réduction de la production de détritus à la source. Et ce, bien avant l’activation des processus industriels de traitement.

Sur le plan juridique, la Tunisie dispose d’un arsenal pionnier, ancré dès la promulgation de la loi n°41-1996, et qui est un texte avant-gardiste qui sanctuarise les principes de prévention, de réparation, de réutilisation et de valorisation énergétique ou matérielle des résidus de consommation.

Modernisation et recyclage pour dynamiser l’économie

Le défi de cette transition se mesure à l’aune des statistiques actuelles, le taux global de recyclage de la Tunisie restant bloqué à un faible niveau de 10 %. A ce titre, les intervenants ont indiqué que l’on entend s’appuyer sur le succès d’expériences nationales et sur la restructuration des filières de collecte publiques existantes.

« Le plan prévoit d’optimiser et de doper le rendement des circuits de valorisation dédiés aux plastiques (Eco-Lef), aux pneumatiques usagés (Eco-Pneus), aux huiles de moteurs minérales, aux batteries au plomb ainsi qu’aux huiles alimentaires usagées, réintégrant ces tonnes de matières premières secondaires dans les circuits de l’économie formelle », a indiqué la coordinatrice nationale.

Elle a expliqué que « la réussite de ce virage écologique exige une cohésion sans faille entre les institutions publiques de l’État, les groupements de fabricants, les réseaux de distribution du secteur privé et les ménages ». Et d’ajouter que la transition vers un modèle de développement décarboné et circulaire requiert l’adoption de nouveaux comportements civiques axés sur le tri sélectif individuel à la source.

« En convertissant la gestion des déchets d’un coût budgétaire pour les municipalités en un investissement stratégique et rentable, la Tunisie entend sécuriser son intégrité environnementale, renforcer sa résilience face aux dérèglements climatiques et préserver les ressources naturelles au profit des générations futures », conclut-elle.

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Auteur

Abir Chemli

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