La recrudescence du criquet pèlerin en Afrique du Nord-Ouest suscite une vigilance accrue. Si la Tunisie n’est pas confrontée, à ce stade, à une invasion de ce ravageur, sa proximité avec les zones concernées impose un suivi permanent, a indiqué l’expert en agriculture Anis Ben Rayana, en s’appuyant sur les dernières alertes de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Intervenant samedi sur Express Fm, Anis Ben Rayana a précisé que le criquet pèlerin figure parmi les ravageurs migrateurs les plus destructeurs au monde. En quelques jours seulement, un essaim peut ravager des cultures et des pâturages sur de vastes superficies, représentant une menace directe pour la sécurité alimentaire et les revenus de millions d’agriculteurs, notamment sur le continent africain.
Une situation préoccupante au Maroc et au Sahara occidental
L’expert a rappelé que la FAO a récemment signalé une intensification de l’activité acridienne au Maroc et au Sahara occidental, où d’importantes opérations de reproduction ont été observées.
Selon l’organisation onusienne, de nombreux groupes de criquets adultes ainsi que des larves ont été recensés. Si les conditions météorologiques favorables se maintiennent, cette situation pourrait conduire à la formation de nouveaux essaims dans les prochains mois.
Anis Ben Rayana a expliqué que la prolifération du criquet pèlerin dépend principalement de trois facteurs : des précipitations abondantes, une humidité suffisante des sols permettant la ponte des œufs et un couvert végétal offrant les ressources alimentaires nécessaires aux jeunes insectes.
Or, les prévisions de la FAO annoncent des pluies supérieures aux normales saisonnières durant l’été 2026 dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord, des conditions susceptibles de favoriser la poursuite du cycle de reproduction.
La Tunisie reste vigilante
Concernant la Tunisie, l’expert s’est voulu rassurant. Aucun foyer de criquets pèlerins n’a été détecté à ce jour et les insectes parfois observés appartiennent à des espèces locales, sans commune mesure avec une invasion acridienne.
Il a toutefois souligné que le pays demeure sous surveillance en raison de sa proximité géographique avec l’Algérie et la Libye. Les services spécialisés poursuivent ainsi les opérations de prospection sur le terrain et maintiennent un dispositif d’intervention rapide en cas d’évolution de la situation.
Anis Ben Rayana a rappelé qu’un seul essaim peut regrouper plusieurs dizaines de millions de criquets, chaque insecte consommant quotidiennement une quantité de végétation équivalente à son propre poids, ce qui explique les dégâts considérables que peuvent subir les cultures agricoles et les pâturages.
Pour limiter ce risque, l’expert estime que la stratégie la plus efficace repose sur la prévention et la détection précoce. Celle-ci passe par un suivi régulier sur le terrain, l’utilisation d’images satellitaires, de cartes numériques et de drones, ainsi que par un échange permanent d’informations entre les pays de la région afin d’intervenir avant la formation d’essaims.
R.I



