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Festival d’El Jem : “Alissa, reine de Carthage” ouvre la 39e édition dans une fresque lyrique magistrale

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  • 12 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Festival d’El Jem : “Alissa, reine de Carthage” ouvre la 39e édition dans une fresque lyrique magistrale

Le théâtre antique d’El Jem a vibré samedi soir au rythme de la légende d’Alissa, reine de Carthage, à l’occasion de l’ouverture de la 39e édition du Festival international de musique symphonique d’El Jem. Cette création tunisienne, mêlant opéra, danse et théâtre, a plongé le public dans le destin tragique d’une souveraine tiraillée entre amour et devoir.

Inspiré de l’opéra “Didon et Énée”, composé en 1689 par le Britannique Henry Purcell, le spectacle a été revisité avec une identité tunisienne contemporaine, offrant une nouvelle lecture de la célèbre histoire de Didon, fondatrice légendaire de Carthage.

La mise en scène et la chorégraphie sont signées par le Libanais Omar Rajeh, tandis que la direction musicale est assurée par le Français Stéphane Fuget. Le spectacle a réuni le Ballet de l’Opéra de Tunis, le chœur de l’Opéra ainsi qu’un ensemble de musiciens tunisiens accompagnés d’artistes spécialisés dans l’interprétation de la musique baroque.

Présentée pour la première fois les 14 et 15 mai 2026 à la Cité de la culture Chédli Klibi à Tunis, cette production transpose une légende vieille de plusieurs siècles dans un univers contemporain, explorant les conflits intérieurs, les choix impossibles et les tensions entre pouvoir, responsabilité et sentiments.
Sur scène, Nesrine Mahbouli a incarné avec intensité le personnage de Didon, face à Khalil Saïd dans le rôle d’Énée. Lilia Ben Chicha et Maram Boujbel ont également marqué la représentation dans les rôles de Bélinda et de la sorcière.

Au cœur du spectacle, le dilemme de la reine apparaît dans toute sa force : choisir l’amour qu’elle éprouve pour Énée, prince de Troie, ou respecter son devoir de souveraine chargée de protéger son royaume. Une lutte entre le cœur et la raison qui constitue la tragédie centrale de l’œuvre.
La musique baroque accompagne cette tension dramatique avec une grande finesse, alternant moments d’intensité et phases d’apaisement, traduisant les émotions de l’héroïne entre passion, douleur, hésitation et détermination.

Avec cette ouverture, le Festival international de musique symphonique d’El Jem confirme son engagement en faveur de la création artistique tunisienne tout en accueillant des productions internationales. La manifestation se poursuivra jusqu’au 15 août prochain avec dix spectacles réunissant des artistes et formations venus de Tunisie, d’Autriche, de France et d’Espagne.

Le public aura également rendez-vous avec une soirée spéciale consacrée aux musiques de films, proposée par un orchestre italien.

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Auteur

La Presse

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