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Tourisme durable : Une nouvelle trajectoire s’engage pour la Tunisie

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  • 14 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Tourisme durable : Une nouvelle trajectoire s’engage pour la Tunisie

Longtemps dépendant du tourisme balnéaire de masse, le secteur touristique tunisien doit aujourd’hui repenser son modèle pour gagner en résilience et en compétitivité. Entre diversification de l’offre, valorisation du patrimoine naturel et culturel, tourisme durable et nouvelles expériences, la Tunisie dispose d’opportunités importantes pour passer d’une logique de volume à une stratégie fondée sur la valeur ajoutée.

La Presse — Le secteur touristique tunisien se trouve à un tournant décisif. Longtemps porté par le balnéaire de masse, ce dernier, source majeure de devises, est aujourd’hui confronté à des limites structurelles qui freinent sa compétitivité et sa résilience.

Le tourisme tunisien s’est construit autour d’un modèle dominant : le balnéaire de masse. Ce positionnement, qui a permis au pays de s’imposer comme une destination compétitive en Méditerranée, montre aujourd’hui ses limites structurelles.

La concentration géographique de l’offre, la faible intégration territoriale et la dépendance à des marchés extérieurs exposent le secteur à une vulnérabilité accrue.

Dans ce cadre, Mohamed Ikbal Souissi, expert en agriculture biologique et en empreinte eau, a mentionné que certaines zones, à l’image de Hammamet Sud, illustrent ce qui a été dit où l’activité touristique est quasi exclusivement orientée vers une clientèle étrangère. Si ce modèle a généré des flux importants, il a également contribué à une faible valorisation des ressources locales.

Une vulnérabilité accrue face aux chocs externes

Les chocs successifs : crises sanitaires, instabilité géopolitique, tensions économiques internationales ont mis en évidence la fragilité de ce schéma. La forte sensibilité du secteur aux aléas exogènes continue de peser sur ses performances et sur sa capacité de résilience.

Dans ce contexte, la désignation de la Tunisie en tant que « Capitale du tourisme arabe 2027 » constitue une opportunité stratégique pour engager une transformation en profondeur du modèle touristique. L’enjeu est désormais de passer d’une logique de volume à une logique de valeur.

Et d’ajouter : le potentiel est considérable. Avec un patrimoine naturel et culturel riche et diversifié, la Tunisie dispose d’atouts susceptibles de soutenir le développement de nouveaux créneaux à plus forte valeur ajoutée. Tourisme écologique, tourisme culturel, tourisme rural : autant de segments capables de répondre à une demande internationale en mutation, plus attentive à l’authenticité, à la durabilité et à l’expérience.

Dans cette optique, la question de la durabilité et de la gestion des ressources naturelles devient centrale. Mohamed Ikbal Souissi a souligné que « le développement d’un tourisme durable en Tunisie passe nécessairement par une meilleure gestion des ressources hydriques et une valorisation des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement».

Il a également affirmé que « l’empreinte eau du secteur touristique doit être intégrée dans les stratégies de développement afin de préserver les équilibres écologiques». Selon lui, «l’avenir du tourisme tunisien dépendra de sa capacité à concilier attractivité économique et soutenabilité environnementale ».

Quels avantages ?

Le tourisme équestre apparaît comme une filière prometteuse. Ce segment, encore peu exploité, cible une clientèle à fort pouvoir d’achat, en quête de circuits alternatifs et d’expériences immersives. La valorisation du cheval Barbe, race emblématique de l’Afrique du Nord, constitue à cet égard un levier différent. Au-delà de son intérêt touristique, ce patrimoine vivant représente également un enjeu de préservation économique et culturel.

Le Nord-Ouest tunisien illustre particulièrement ces opportunités. Dotée de ressources naturelles importantes : forêts, montagnes, lacs et barrages, cette région reste en marge des circuits touristiques traditionnels. Son intégration dans une stratégie de développement durable permettrait non seulement de diversifier l’offre nationale, mais aussi de stimuler l’économie locale, de créer de l’emploi et de réduire les disparités régionales.

D’un point de vue économique, le secteur du tourisme constitue un levier clé pour améliorer la compétitivité du secteur. Elle permettrait d’allonger la durée moyenne de séjour, d’augmenter la dépense par touriste et de réduire la saisonnalité, tout en renforçant la résilience face aux chocs externes.

L’enjeu dépasse ainsi le simple cadre sectoriel. Il s’agit d’un choix stratégique pour l’économie tunisienne, à la croisée des politiques d’aménagement du territoire, de développement durable et de valorisation du capital naturel et culturel.

Le tourisme tunisien entre dans une phase charnière. Sa capacité à évoluer vers un modèle plus inclusif, diversifié et à forte valeur ajoutée déterminera sa contribution future à la croissance économique et à la création d’emplois durables, a-t-il conclu.

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Auteur

Sabrine AHMED

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